Blog

Qu’allez-vous apporter à l’école ?

Nous ne comptons plus le nombre de candidats qui s’étonnent que les écoles aient des attentes à leur égard. Vos beaux projets professionnels ne suffiront pas à impressionner les jurys, d’autant que vous pouvez tout à fait les inventer à la demande. Les jurys n’étant pas dupes, ils attendront de votre part que vous prouviez votre motivation et votre volonté de faire rayonner leur école.

Comment traduire concrètement ces faits ?

Au cours de ces années de préparation, une phrase revient souvent dans la bouche des candidats « bah,  contrairement à certains de mes camarades, je suis là pour travailler ». Vous pensez vous différencier en sortant une telle énormité, alors que les jurys n’auront qu’une envie :  vous répondre qu’il est encore heureux que vous veniez en école pour (entre autre) travailler.

Il ne suffit pas d’être présent en cours et d’être studieux pour apporter quelque chose de concret à l’école. En revanche, ils seront particulièrement sensibles au fait que vous mettiez à profit certaines de vos qualités sportives et/ou artistiques. Par exemple, si vous êtes un footballeur émérite, ils seront vraisemblablement heureux d’entendre que vous ferez tout pour rapporter la coupe du trophée inter-ESC à la maison.

Attention, il ne suffit pas de prétendre ramener la coupe pour être crédible. Encore faut-il être à même de prouver que vous êtes à l’origine de telles démarches par le passé et que vous comptez les réitérer une fois en école.

A tort, vous avez trop tendance à n’avoir qu’une vision « court-terme » de l’école. Or, rappelez-vous que le nom qui figurera sur votre CV sera votre première carte de visite une fois lâché dans la jungle du travail. Animer la vie de l’école passe bien évidemment par un engagement associatif fort dans l’une des multiples associations de l’école (Bureau des Étudiants, Bureau des Arts, Bureau des Sports, Ski Club, Club Finance, association de débats, Junior Entreprise, etc.). Ces associations sont des vitrines de votre école : il est de votre devoir de faire en sorte qu’elles soient aussi dynamiques et prospères que possible.

Enfin, d’une manière non exhaustive, vous pouvez participez à la vie de l’école après votre remise de diplôme en venant témoigner dans le cadre de forums, en venant rencontrer les étudiants, etc.

Bref, il existe une multitude de manières de « porter haut les couleurs de son école ». A vous de choisir les solutions qui vous conviennent le mieux, en n’oubliant pas que ce qui sert les intérêts de votre école aujourd’hui à toutes les chances de servir les vôtres demain !

Ne vous mettez pas trop de pression !

Les oraux constituent une étape décisive dans le processus d’intégration. Il est donc parfaitement normal que vous soyez stressé, mais ce n’est pas une raison pour paniquer. Les oraux comme toutes les autres épreuves se préparent et c’est justement grâce à cette préparation méthodique et régulière que vous éviterez de tomber dans certains écueils.

 

A l’heure où vous lirez cet article, vous aurez sans doute la tête dans le guidon et vous considérerez très probablement que l’intégration est le seul but de votre jeune vie. Certes, la réussite aux oraux est un prérequis pour intégrer, néanmoins il est important de dédramatiser ce processus souvent long et fastidieux. Vous ne jouez pas votre vie, vous jouez votre intégration dans une école, qui vous plaît plus ou moins ! Vous réussite future n’est qu’en partie conditionnée par votre diplôme d’origine. Une fois sur le marche du travail et même avant, l’énergie que vous mettrez au service de vos objectifs et de votre ambition sera autrement plus importante. Un diplôme ne fera jamais une carrière, votre personnalité, votre engagement, votre travail la feront !

 

Aussi difficile que cela soit, apprenez à relativiser les enjeux. Aujourd’hui, vous passez un entretien qui vous semble crucial, qu’en sera-t-il lorsque vous devrez négocier votre augmentation de salaire ou un contrat de plusieurs millions d’euros dans le cadre de votre travail ? On peut toujours trouver plus stressant. Soyez ZEN !

 

Afin d’éviter toute tétanie, entraînez-vous le plus possible, tout en tombant pas dans la récitation. Faites en sorte d’avoir les idées claires, d’être concis, concret, tout en restant souriant et d’être maître de vous-même. Comme tous les autres candidats admissibles, vous avez potentiellement toutes les chances de réussir vos entretiens. Faîtes-vous confiance !

 

Si vous savez pourquoi vous voulez faire une ESC, si votre projet professionnel est rodé, si vous avez des expériences à partager avec le jury et si vous souhaitez réellement intégrer l’école, le jury devrait rapidement le sentir ne serait-ce que par votre connaissance de ses parcours et de ses associations.

 

Certes, vous pouvez cafouiller au début de l’entretien, mais un jury juge l’ensemble d’une prestation et pas un éventuel raté à un instant t de l’entretien.

 

Si l’idée de passer devant un jury vous rend malade, isolez-vous quelques minutes avant l’entretien. Faîtes le vide et surtout n’écoutez pas les bruits de couloir. Adaptez-vous à votre jury, tout comme il s’adaptera à vous. Tout entretien est unique et son issue n’est pas déterminée par le candidat passant avant ou après vous.

 

Le stress peut être une source d’émulation, faîtes en sorte qu’il le reste et tout devrait très bien se passer.

 

Bon courage !

Quelques astuces pour réussir ses oraux de langues

Rien ne remplacera jamais une très bonne maîtrise de la langue pour réussir ses oraux. Il n’empêche que la préparation est la meilleure arme pour ne pas se faire prendre au dépourvu et souvent faire la différence avec les autres candidats. Voici une liste non exhaustive des points à préparer impérativement avant des oraux de langues, que ce soit dans des écoles comme HEC ou l’ESSEC ou dans une école de la banque ECRICOME.

 

Les indispensables :

 

-          Savoir épeler son nom et son prénom

-          Savoir donner son âge et sa date de naissance

-          Pouvoir commenter les informations présentes sur la carte d’identité !!

-          Etre capable de donner la date et l’heure de passage

 

La culture générale :

 

-          Etre en mesure de parler des grands thèmes d’actualité de l’année

-          Connaître les pays, les capitales et les noms des gouvernements locaux

-          Connaître les grandes dates des civilisations étudiées

-          Connaître les principaux partis politiques des pays étudiés

-          Connaître plusieurs auteurs, peintres et cinéastes, ainsi que leurs  principales œuvres

 

Votre profil :

 

-          Etre capable de faire une présentation synthétique de deux minutes

-          Etre capable de parler de ses centres d’intérêt

-          Etre capable de présenter son projet professionnel en des termes un minimum techniques

-          Savoir expliquer pourquoi vous souhaiter intégrer l’école A, B ou C

-          Pouvoir parler d’expériences prévues ou réalisées à l’étranger

 

En préparant sérieusement ces différents points, vous devriez être en mesure de faire une bonne seconde partie d’entretien.

 

Bon courage !

A l'abordage de l'actualité !

Il suffit de prononcer le mot « actualité » devant un candidat pour voir sa mine de décomposer en quelques secondes. En général, l’ignorance des candidats est abyssale, y compris sur des sujets d’actualité récente. Mais au juste, à quoi devez-vous vous attendre le jour J et surtout comment vous préparer au mieux aux questions d’actualité ?

 

La préparation :

 

Il n’y a pas de secret, l’unique manière de répondre correctement à des questions d’actualité est de se tenir régulièrement informé. Pour cela, lisez au moins deux fois par semaine un quotidien économique comme les Echos ou les pages saumon du Figaro, lisez les dossiers de presse de l’édition du mardi du Monde. En fonction de vos tendances politiques et de vos goûts, vous pouvez également rajouter à votre liste des articles du Courrier International, de l’Express, etc.

 

Outre la lecture régulière de l’actualité, constituez-vous des dossiers sur les sujets brûlants de l’actualité. Faîtes des fiches et conservez une trace des grands faits et des grands dossiers de l’année en cours, surtout s’ils ont un rapport de près ou de loin avec votre projet professionnel.

 

Les questions :

 

Les questions sur l’actualité sont plus ou moins fréquentes et dépendent d’une multitude de paramètres comme l’humeur du jury, de l’état de son stock de questions ou encore des sujets abordées. Cependant, force est de constater que le jury est plus enclin à vous interroger sur des sujets qu’il maîtrise parfaitement, pour les traiter au quotidien, ou parce qu’il les a lus le matin même dans son journal.

 

S’il est important de se constituer une culture économique et politique sur le long terme, il est également important de lire l’actualité juste avant de passer un entretien. Quoi qu’on en dise, vous risquez davantage de vous faire interroger sur les nouvelles de la veille plutôt que sur celles datant d’il y a 6 mois.

 

Par ailleurs, les thèmes d’actualité abordés en entretien arrivent rarement par hasard. Faites attention à ce que vous dites et soyez conscient qu’en abordant un thème précis, vous risquez de vous voir posé un certain nombre de questions à ce sujet.

 

Plus généralement, vous vous devez d’être incollable sur les sujets relevant de votre projet professionnel. Par exemple, il serait inadmissible qu’un candidat souhaitant travailler dans le développement durable ne connaisse pas l’existence du sommet sur l’eau à Istanbul ou du sommet sur le climat à Copenhague. Il faudrait également qu’il soit capable de faire une rapide synthèse des principales décisions prises au cours de ces sommets. A côté de cela, un jury jugera sans doute moins grave de ne pas savoir qu’Al Gore est en passe de devenir le premier carbo-milliardaire ou encore que le prix de rachat de l’énergie éolienne était en France de 83,8 €/MWh en 2001.

 

Définissez vos priorités de lecture et tenez-vous-y !

Ces formulations à éviter lors d’un entretien

Dans le feu de l’entretien, il peut arriver que l’on soit amené à prononcer des formules maladroites, des expressions malheureuses. C’est un fait et on ne peut pas savoir comment nous réagirons dans une situation de stress intense. A côté de cela, il est facile d’éliminer certaines scories qui viennent polluer votre discours et qui nuisent à votre crédibilité face à vos interlocuteurs.

 

Ci-dessous vous trouverez une liste non exhaustive de ces formulations à éviter lors d’un entretien. A vous de compléter la liste comme bon vous semble.

 

L’ouverture d’esprit :

 

Mauvais candidat : Mon père est d’origine alsacienne et ma mère est d’origine bretonne. Dans ce contexte, j’ai toujours baigné dans une double culture, qui me permet aujourd’hui d’affirmer que je suis sensible à la diversité et que je suis globalement une personne très ouverte d’esprit.

 

Les erreurs : Premièrement d’avoir mentionné les parents. Ne donnez pas l’impression que vous n’avez pas coupé le cordon. Deuxièmement, ce n’est pas parce que vos parents ne sont pas nés dans la même région que vous pouvez crier sur tous les toits que vous êtes un produit de la mondialisation, ou bien que vous êtes de facto plus tolérant qu’un autre candidat.

 

Bon candidat : Après avoir passé cinq ans à Tokyo, où j’étais scolarisé au lycée Français, j’ai suivi ma famille à New York où j’ai vécu quatre ans. Outre ma capacité à maîtriser rapidement de nouvelles langues, dont le japonais et l’anglais, j’ai été particulièrement marqué par la vision individualiste de la société américaine qui s’oppose très nettement à l’holisme japonais […]. Après ces deux expériences, j’ai eu l’opportunité de résider au Sénégal pendant deux années. Là-bas, j’ai pu constater ma capacité à m’adapter facilement à de nouvelles situations. En effet, …

 

Il faut avoir réellement expérimenté la diversité culturelle pour pouvoir prétendre être ouvert d’esprit. Il ne suffit pas d’avoir regardé un reportage sur ARTE pour pouvoir prétendre comprendre une société et ses particularités. Le bon candidat insistera sur des détails de la vie de tous les jours, sur son vécu, pour expliquer en quoi son « ouverture d’esprit » et plus encore son adaptabilité à des situations très diverses sont une réalité.

 

A tort ou a raison, on ne considère pas que des voyages suffisent pour faire de vous des personnes « ouvertes », même s’il ne fait pas de doute que c’est en allant sur le terrain, en découvrant et en observant que l’on développe son sens critique. Ce n’est pas parce que vous mangez des sushis deux fois par semaine que vous maîtrisez la culture japonaise, a contrario vous pouvez résidez au Japon, connaître parfaitement la culture et ne jamais manger de sushis.

 

Petite parenthèse à destination des femmes. Dans la mesure où les jurys sont essentiellement composés d’hommes, évitez plus que les autres de dire que vous êtes « ouvertes », ils risqueraient de s’imaginer tout autre chose. De manière générale, tous les propos susceptibles de vous mettre dans une situation d’infériorité sont à éviter.

 

 

La curiosité :

 

La maxime populaire veut que la curiosité soit un vilain défaut. Pour une fois nous n’irons pas à l’encontre des idées reçues. Afin d’illustrer ce propos, voici une petite mise en situation :

 

Jury : Quelle est votre principale qualité ?

Candidat : Je suis d’une nature curieuse. J’aime tout savoir, apprendre en permanence.

Jury : Dans ce cas, que pensez-vous de la dernière acquisition de l’entreprise X dans l’état du Delaware ?

Candidat : Euh… Je ne suis pas au courant

Jury : Aurons-nous plus de chance avec l’actualité malgache ?

Candidat : Je vous prie de m’excuser, je ne vois pas de quoi vous voulez parler.

Jury : Je croyais que vous étiez d’une nature curieuse ? Apparemment, votre curiosité est pour le moins ciblée, pour ne pas dire limitée.

 

Il y a des mots comme « curiosité » qui éveillent chez le jury des pulsions sadiques. Vous vous dîtes curieux, très bien, mais dans ce cas soyez prêts à répondre à toute une série de questions plus improbables les unes que les autres.

Dans le dialogue précédent, le candidat commet une autre erreur : ne pas préciser le champ de sa curiosité et l’illustrer par un exemple concret. Il lui aurait suffi de dire, par exemple, qu’il/elle aimait apprendre de nouvelles recettes de cuisine, pour éviter la volée de bois vert.

 

Plutôt que la curiosité, dites simplement que vous aimez apprendre de nouvelles choses et empressez-vous de préciser des domaines spécifiques, enrichis par des exemples concrets.

 

L’intolérance :

 

Je m’attarderai moins sur le dernier point, tant il paraît évident et pourtant… Pourquoi un jury aurait intérêt à choisir un candidat, s’il admet qu’il n’est pas tolérant à l’égard d’autrui, des différences culturelles ? 

 

De fait, dire que l’on est pas tolérant revient à signer son arrêt de mort, avouer que l’on n’est pas fait pour la vie en communauté et qu’il vaudrait mieux opter pour un autre candidat (peut-être moins bon) apte à évoluer dans un univers multiculturel et/ou professionnel.

Le monde merveilleux de l’entreprise

Lorsque vous demandez à des étudiants pourquoi ils souhaitent intégrer une école de commerce, l’une des raisons avancées est leur envie de travailler dans une grande entreprise. A les écouter, il n’y a pas chose plus merveilleuse sur Terre, les gens sont gentils, les conditions de travail idylliques et les rémunérations extraordinaires... Certes, il ne faut pas voir le mal partout, mais de là à dire que c'est le Paradis, il y a un pas que des centaines de candidats s'empressent de franchir à chaque fois.

 

Chacun a sa vision de l’entreprise et chacun est libre de voir midi à sa porte, mais en attendant il est important de ne pas se présenter devant un jury de professionnels avec une vision candide du monde en entreprise. Non, tout le monde n’est pas gentil, non, tout le monde de veut pas votre bien et non, tout le monde ne gagne pas plus de 100K€ par an.

 

Comme je l’ai déjà expliqué à plusieurs reprises, il est facile de se rendre ridicule et de perdre tout crédit, plutôt que d’en gagner tout au long de l’entretien. Afin de ne pas affirmer des monstruosités et afin de ne pas faire sourire le jury devant tant de crédulité, il est important d’avoir préalablement mis les pieds en entreprise. Si votre discours apparaît encore bisounoursesque, expliquez lui que votre vision est faussée par le fait que vous n’avez réalisé qu’un seul stage, qui s’est particulièrement bien passé. Mais par pitié, n’agissez pas comme si la très grande entreprise était le meilleur des mondes, sauf à avoir une âme de Pangloss et à ignorer les réalités économiques qui lui sont inhérentes.

 

Certains étudiants font des louanges quasi immodérées de l’open space, censé être un lieu de convivialité et d’épanouissement. Afin de tempérer vos propos, je vous propose la lecture du livre Alexandre des Isnards et Thomas Zuber : l’Open Space m’a tuer.

 

 

Le stage un passage obligé pour les entretiens des ESC

De même qu’une tenue correcte, le stage en entreprise apparaît comme un passage obligé pour tout préparationnaire aspirant à une place en école de commerce.

 

Quand nous parlons de stage en entreprise, nous excluons d’office le stage d’une semaine que vous avez fait en classe de troisième ou de seconde et au cours duquel vous avez au mieux servi le café à vos collègues d’une semaine. Nous excluons également les expériences du type garde d’enfants et cours particuliers. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a rien de plus facile que de s’inventer quelques gardes ou des cours. Le jury veut savoir comment vous avez su évoluer dans un univers professionnel auquel l’école vous prépare.

 

Il arrive que des candidats n’osent pas parler de leur première expérience professionnelle, la jugeant sans intérêt par rapport à celle de leurs camarades. Rappelons à cet effet que le jury ne juge pas un candidat sur le prestige supposé d’un stage. Au contraire, un jury aurait plutôt tendance à valoriser une personne qui prouverait par ses propos qu’elle a trouvé par elle-même son stage, aussi modeste soit-il.

 

Certains étudiants se verront demander comment ils ont trouvé leur stage. A eux de prouver qu’ils ont été proactifs et qu’ils n’ont pas simplement attendu que leurs parents leur apportent cette expérience sur un plateau d’argent.

 

En définitive, peu importe que vous ayez fait un stage en gestion d’actifs chez Goldman Sachs ou que vous ayez été vendeur dans la boulangerie du coin. En revanche, faites ressortir de cette expérience ce que vous en avez appris et apprécié.

Le mea culpa

       Il peut arriver en entretien que l’on dise une énormité ou que l’on fasse une erreur à cause du stress. Dans la mesure où vous êtes en permanence jugé sur vos faits et gestes, soyez le plus honnête et le plus intègre possible. Si par le plus grand des malheurs, il vous arrivait de dire une absurdité ou de vous tromper, n’hésitez pas à avouer au jury que vous ne saviez pas ou que vous vous êtes trompé.

 

Il n’y a pas de honte à ne pas tout savoir et vous pouvez l’admettre au jury. Rien n’est grave aussi longtemps que cela ne se reproduit pas tout au long de l’entretien. Avouez une erreur d’appréciation et s’en excuser est la preuve que vous êtes honnête et que vous savez reconnaître vos torts.

 

Attention, il ne s’agit de s’écraser toutes les dix secondes, dès que le jury vous parle d’un sujet que vous ne connaissez pas. Normalement, vous avez préparé votre entretien et vous devez être capable de fournir une réflexion construite sur tout un tas de sujets. L’excuses ne doivent être utilisées qu’en dernier recours et uniquement si elles ont un quelconque sens. De fait, ne vous excusez pas si la couleur de vos yeux ne revient pas au jury, en revanche excusez si vous ignorez des informations élémentaires, comme le nom du directeur de l’établissement.

 

La "Shark Attitude"

   Vous rêvez jour et nuit de voitures de sport, de résidences privées, de voyages en jet. Vous avez fait vôtre l’adage de 50 Cent « get rich or die tryin » et vous comptez bien montrer au jury à quel point vous êtes motivé pour devenir le candidat le plus riche et le plus puissant possible en un minimum de temps.

 

Avoir de l’ambition est une excellente chose, elle permet d’aller de l’avant et de se donner du courage quand l’énergie vient à manquer. Cependant, il y a un décalage entre avoir de l’ambition  et avoir les dents qui rayent le parquet. Contrairement à ce que pourrait laisser penser la dernière campagne d’HEC, il est mal vu d’arriver en école avec des caisses enregistreuses à la place des yeux.

 

Depuis la crise des subprimes et plus encore depuis la dénonciation des dérives de la « finance internationale » et de ses politiques de gratification, il ne fait pas bon de venir en école avec une envie non dissimulée de faire de l’argent. Cela demeure un sujet tabou de ce côté de l’Atlantique !

 

L’ambition démesurée s’accompagne en général d’une capacité à écraser ses adversaires tel un rouleau compresseur. Rappelez-vous qu’en ESC, beaucoup d’activités s’articulent autour du concept de travail en groupe. Si vous ne savez pas travailler avec les autres, vous aurez du mal à vous illustrer dans le bon sens du terme. Plus simplement, le jury ne vous verra pas vous intégrer dans l’école et préférera opter pour un candidat plus simple et en apparence moins ambitieux.

 

N’oubliez pas que le jury, qui est en face de vous, est composé de personnes qui n’ont pas nécessairement fait le choix de l’argent à tout prix. Leur imposer votre vision de la réussite, c’est leur signifier qu’ils ont raté leur vie… Adaptez votre discours à votre jury et surtout gardez pour vous votre surplus d’ambition !

 

I can get no satisfaction

        De la masse grouillante et bigarrée des candidats ressort très nettement un type bien précis : le blasé. Il se tient droit comme un « i », vous regarde avec un air condescendant, vous méprise du fait de votre simple statut de jury. Il a une petite vingtaine d’années, a tout fait, a tout vu, pense tout savoir et trouve que rien sur cette basse terre ne mérite qu’il y porte son intérêt.

 

Il considère que toutes les questions, qui lui sont posées, ne sont pas sa à hauteur et plus simplement l’ennuient profondément. Ce candidat est parfait, que voulez-vous ? Il voudrait être admis d’office, comme « l’intégré de droit divin » qu’il se considère être.

 

Si vous ne faites pas preuve d’optimisme à l’aube de votre vie d’adulte, comment serez-vous d’ici quelques années, si ce n’est encore plus désabusé ? De manière générale, voyez le verre à moitié plein et débrouillez-vous pour le remplir jusqu’au bord. Dites-vous qu’en dehors d’un cabinet de consultation, où il est normal de se plaindre,  on ne se présente pas devant un inconnu en tirant une tête de six pieds de long et en se braquant à la moindre question.

 

L’entretien est un jeu de séduction, au cours duquel vous devez montrer le meilleur de vous-même. Si vous ne vous sentez pas capable de défendre une école parce qu’elle ne vous plaît pas, ne passez pas les oraux par respect pour l’établissement et le jury qui vous fera passer.

 

Si vous êtes d’une nature blasée ou peu communicative, il n’y a qu’une seule solution : vous faire violence et vous obliger à être souriant, avenant, intéressant et intéressé pendant les quelques minutes que dureront l’entretien. Autrement, n’espérez rien ou n’espérez plus !