Blog

Ramener l’entretien à soi

S’il est habituellement mal vu de toujours parler de soi, l’entretien fait exception à la règle. Pendant le temps imparti, vous êtes là pour convaincre, voire persuader le jury, que vous êtes le/la candidat(e) qu’il recherche.

Certaines personnes atteintes de « parlotte » aiguë se lancent à corps perdu dans un sujet,  puis oublient  d’aborder d’autres points sans doute aussi importants si ce n’est plus. Normalement, vous ne devriez pas parler plus de 2/3 minutes par thème, sauf à ce que le jury vous demande explicitement d’approfondir vos propos. Plus votre message est concis et illustré, moins vous risquez de noyer votre message dans une masse d’informations parasites.

Certains jurys ont parfois tendance à pousser les candidats à ne parler que d’un sujet, qui plus est souvent très éloigné de ce qu’ils sont venus défendre. A vous de faire preuve d’inventivité et de ramener la discussion à vous. Par exemple, profitez d’une nouvelle question pour dire que cela vous fait penser à une expérience personnelle ou que vous avez su faire preuve d’une qualité qui aurait été fort utile dans le cadre de la situation évoquée.

N’oubliez pas que vous disposez  d’un temps limité pour convaincre. Ne vous perdez dans des réflexions vaseuses  et des morceaux de bravoure aussi stériles que ridicules. Cependant, recentrer l’entretien sur sa personnalité ne veut en aucun cas dire qu’il ne faut pas répondre au jury. Au vous où vous l’auriez oublié, votre sort dépend de son bon vouloir.

 

Optez pour la « Positive attitude » !

Il n’y a rien de pire pour un jury que d’avoir en face de lui un candidat qui n’a de cesse de se descendre en flammes. Morceaux choisis :

« Non, mais vous comprenez… J’étais là, mais j’aurais pu être ailleurs, je servais à pas grand-chose, enfin… à rien en fait ! »
« J’ai fini le marathon de Paris, mais bon j’ai aucun mérite, je l’ai couru en plus de 5h »
« Ah bon ? Parce que c’est extraordinaire ce que j’ai fait en stage ? »
 
Vous trouvez que ces exemples sont caricaturaux et pourtant ils sont représentatifs de ce que nous pouvons parfois entendre lors des entretiens en ESC. Suivez donc les conseils de M. Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier Ministre et ancien élève de l’ESCP-EAP, et adoptez la « positive attitude ».
 De trop nombreux candidats dénigrent spontanément leurs expériences, les jugeant banales voire inintéressantes. De deux choses l’une, soit vous considérez que ces expériences n’ont pas d’intérêt et dans ce cas ne les mentionnez pas, soit ces expériences sont dignes d’être racontées et dans ce cas ne vous tirez pas une balle dans le pied.

 Les jugements de valeur n’engagent que ceux qui les portent ! Rien ne vous dit que le jury considèrera votre expérience comme banale ou ridicule, surtout lorsqu’il s’agit de courir d’une seule traite 42 km.

 Soyez confiant et racontez en quoi ces expériences furent uniques et enrichissantes pour vous. Si une expérience a été en demi-teinte pour ne pas dire catastrophique, insistez sur les enseignements que vous en avez tirés. De fait, on privilégiera toujours un candidat qui sait se nourrir de toutes les expériences aussi malheureuses soient-elles, plutôt qu’un candidat qui s’attarde en permanence sur les aspects négatifs.

Pour résumer, voyez toujours le verre à moitié plein et non à moitié vide !

La vérité toujours la vérité, rien que la vérité !

  S'il y a bien une question qui revient de manière récurrente, c'est "peut-on mentir en entretien ?". Autant certains sujets appellent à débat, ici aucun doute possible. La réponse est clairement NON !

Les raisons qui doivent vous retenir de mentir sont légions :

  • D’un point de vue moral, c’est tout simplement mal
  • Un mensonge est toujours bancal, vous ne serez jamais aussi convaincant que lorsque vous parlerez d’un sujet que vous maîtrisez réellement et qui vous plaît
  • C’est prendre le risque de se contredire au cours de l’entretien suite à un moment d’inattention
  • Entamer une relation ou un partenariat par un mensonge n’augure rien de bon pour l’avenir...

Si toutes ces raisons ne vous ont pas convaincus. Voici le cas de Jeffrey Chiang, jeune Américain d’origine chinoise qui s’est amusé à mentir en entretien dans des proportions hors du commun. Les mensonges se sont accumulés jusqu’au moment où quelqu’un s’est aperçu de la supercherie. En quelques heures, des centaines de milliers de pages mentionnaient le nom de Jeffrey Chiang, le blacklistant d’office dans des centaines d’entreprises.

L’extrait suivant est en anglais, mais mérite d’être lu :

From: xxxxx (BoAML person)
Sent: Thursday, October 15, 2009 4:43 PM
To: xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx (Other people at other banks)
Subject: FW: Jeffrey Chiang

I don't know if this guy has come up on your radar screens in terms of analyst recruits, but you need to be warned about him. I should have been tipped off by the fact that he ran a "5K marathon" on his resume.
I just figured something got lost in translation.

I interviewed him on campus, and while he was pretty weird/intense, he seemed like somebody who would crank and potentially make for a good analyst, so we waved him in for an office visit.

Things started going bad for him when I got a call from our HR department about him during our Superday. In making his travel arrangements with our travel agent, he had apparently made a big stink about needing to stay at the Four Seasons and blew up on the travel person. It was apparently bad enough that she went to the trouble to inform our HR department.

Our Superday reviews on him were pretty mixed, nonetheless. He had spent a summer at Gulfstar, so I did a bit of checking on him there, and it became clear that they were also very unimpressed with the way that he carried himself. So, we dinged him, but that is not where the story ends.

He had told one of the associates in our office that he was in the second round of interviews for MS's Palo Alto office. Well, our associate happened to mention this to his friend that works in the MS Palo Alto office and the associate at MS said that Jeff had had only had a phone interview but had indicated that he had an offer from BAML.
When the MS team asked him to send proof of his offer, he manufactured the email below and forwarded to the MS team.

We have notified UT of this joker's behavior, but needless to say, this guy shouldn't be able to get a job at McDonalds after a stunt like this.

xxxxx

-----Original Message-----
From: xxxxx (MS person)
Sent: Wednesday, October 14, 2009 12:58 AM
To: xxxxx (BoAML person)
Subject: FW: Bank of America Merrill Lynch Interviews

This is what Jeffrey sent Morgan Stanley to prove he received an offer from your firm. Given you told me you dinged him, should I assume this is fake? If so, that's unbelievable and his school should be notified, he shouldn't get a job anywhere on Wall Street.

-----Original Message-----
From: xxxxx (Morgan Stanley person)
Sent: Tuesday, October 13, 2009 10:47 PM
To: xxxxx (Another MS person)
Subject: Fw: Bank of America Merrill Lynch Interviews

----- Original Message -----
From: Jeffrey Chiang
To: xxxxx (Morgan Stanley person)
Sent: Tue Oct 13 22:52:34 2009
Subject: FW: Bank of America Merrill Lynch Interviews

Best Regards,

Jeffrey Chiang
Business Honors Program & Finance
Economics Honors & Advertising Honors
McCombs School of Business
The University of Texas at Austin
Email: xxxxx
Cell: xxxxx
________________________________________
From: Park, Diana
Sent: Friday, August 21, 2009 3:36 PM
To: Jeffrey Chiang
Subject: RE: Bank of America Merrill Lynch Interviews

Hi Jeff,

Everyone was very impressed with your interviews today. We are excited to formally extend to you an offer to join Bank of Ameria Merrill Lynch as an analyst next summer. You should be getting documentation in the mail to sign very shortly. If you have any further questions please feel free to email me. Again, congratulations and we look forward to having you join us next year.

Best,
Diana

-----Original Message-----
From: Jeffrey Chiang
Sent: Thursday, August 20, 2009 4:28 PM
To: Park, Diana
Subject: Bank of America Merrill Lynch Interviews

Ms. Park-

I just wanted to follow up with you regarding my interviews and the recruiting process for Bank of America Merrill Lynch and where they are in the process. Please shoot me back an email when you can. Thanks for all your help.

Best Regards,

Jeffrey Chiang
Business Honors Program & Finance
Economics Honors & Advertising Honors
McCombs School of Business
The University of Texas at Austin
Email: xxxxx
Cell: xxxxx

Un autre lien à consulter à ce sujet : http://dealbreaker.com/2009/10/jeffrey-chiang-will-be-receivi.php

Moralité, ne mentez pas, sauf si vous voulez vous retrouver dans des situations pour le moins délicates.

L’impact du langage selon Albert Mehrabian

Albert Mehrabian a mis au jour dans Implicit communication of emotions and attitudes le fait que les messages verbaux comptent beaucoup moins que les messages non verbaux. Ainsi, selon  cette étude :

  • 7% de la communication est verbale
  • 38% de la communication passe par l’intonation et le son de la voix
  • 55% de la communication passe par le langage corporel

 Si vous pouvez utiliser vos mains pour vous donner de la prestance, mettre de l’emphase dans votre discours, évitez coûte que coûtes les « doudous émotionnels » (ex : jouer compulsivement avec votre stylo ou avec une mèche de cheveux)

 Vous créerez chez vos interlocuteurs un taux de crédibilité immédiate fort dès les premières secondes si vous souriez, si votre regard n’est pas fuyant et si votre ton est assuré. En revanche, la grandiloquence et la condescendance sont à bannir !!

Droit au but !

Voici un article qui fait suite à celui sur la théorie du langage développée par Mehrabian.

L’entretien est un examen de passage sans rattrapage. Nous pourrions le définir comme la rencontre entre deux attentes fortes, celle du recruteur et celle de l’interviewé. Il s’agit d’un exercice complexe que l’on ne peut pas prendre à la légère. Faire un bon entretien, cela s’apprend !

 Au préalable, il faut avoir défini le message à faire passer, car le recruteur part du principe que « vous êtes responsable de vos réponses ». Afin de rendre clair votre propos et d’aller droit au but, n’hésitez pas à illustrer vos propos, les faits que vous avancez. Sachez utiliser des images et des métaphores pour clarifier votre propos.

 Ex : Dire que vous êtes le capitaine du navire, que vous êtes à la barre, que vous traversez une tempête et que vous réduisez la voilure, ce sera toujours plus clair que de dire « face à la crise je privilégie le CRM* plutôt que… »

 *CRM = Customer Relationship Management

 Retenez une chose importante : Plus vous dîtes de mots, moins ils seront entendus et moins ils seront retenus ! Allez à l’essentiel, ne tombez pas dans l’écueil des langages jargonneux et faussement techniques afin de noyer le poisson.

 « Ce qui se conçoit bien, s’énonce clairement – Et les mots pour le dire arrivent aisément »

Nicolas Boileau, L’Art poétique (1674)

Ces petits plus qui peuvent faire toute la différence (partie 1)

C’est le jour J et d’ici quelques minutes vous allez tenter de prouver à un jury plus ou moins bienveillant que vous êtes le candidat de la journée. Vous avez revu en long, en large et en travers les plaquettes présentant les parcours académiques et associatifs, mais ce n’est pas toujours suffisant. Voici quelques éléments à systématiquement vérifier avant un entretien.

La ville :

 Contrairement à ce que l’on entend parfois, Paris n’est pas la France ! Chaque fois que vous partez visiter une nouvelle école, pensez à vérifier les points suivants :


  • Nom de la région, du département (et son numéro), chef lieu
  • Nom du Maire de la ville, sa tendance politique et éventuellement une ou deux de ses réalisations (ex : Gérard Collomb a mis en place les Velo’v à Lyon)
  • Quelques lieux historiques particulièrement connus (ex : la place Stanislas à Nancy inscrite au patrimoine de l’UNESCO, le Palais des beaux-arts de Lille)
  • Des événements historiques ayant marqué l’histoire de la ville ou de la région (ex : Cathédrale Notre-Dame de Reims lieu de sacre des rois de France, Montaigne élu Maire de Bordeaux en 1585)
  • Le club de sport de la région (football & rugby)
  • Quelques employeurs ou sièges sociaux connus (Interpol à Lyon, Pernod-Ricard à Marseille)

 On ne choisit pas simplement une école, mais également une ville dans laquelle on va probablement vivre 2, 3 voire 4 années. Imaginez donc par exemple la surprise d’un jury nantais, si vous lui expliquez que vous adorez la ville et plus encore son école, mais que vous ne savez même pas que la marque BN signifie Biscuiterie Nantaise.

 Bien entendu, toutes ces questions ne sont pas systématiquement posées, mais un homme averti en vaut deux.

L'habit ne fait pas le moine, mais...

Contrairement aux idées reçues, les entretiens ne sont pas l’occasion de sortir votre plus beau costume de marque agrémenté de votre cravate à 150€ ou de votre plus joli carré de soie Hermès. Quelques rappels sont ici nécessaires : L’entretien de personnalité, comme son appellation l’indique, doit permettre à un jury de savoir si votre personnalité correspond aux attentes de l’école et/ou du recruteur.
 
Le tailleur pour les femmes et le costume cravate pour les hommes ne sont pas pensés comme des éléments différenciateurs, mais bel et bien comme un moyen d’uniformiser l’aspect extérieur et en somme de permettre de ne fonder son jugement sur l’apparence, ou plus justement sur les supposés moyens financiers de la personne assise en face du jury.
 
Toutes les excentricités sont à bannir, sauf si vous êtes prêt(e) à les justifier et à perdre du temps sur ces points. Je vous rappelle que plus le jury s’attarde sur votre tenue, moins il s’attarde sur votre personnalité et son adéquation avec ce qu’il a à vous offrir (une place en école, un stage, un emploi, etc.). Nous pourrions résumer ces propos par la formule « gain de temps, donc gain potentiel de points, donc gain potentiel de places ».

 Si vous êtes un homme, optez pour un costume de couleur sombre (bleu marine, anthracite) en évitant autant que possible le « full black » parfait pour un épisode de Men In Black, moins pour un entretien. Choisissez une chemise simple et repassée, de préférence de couleur blanche, ainsi qu’une cravate sobre.
 
Évitez à tout prix les cravates slim et fantaisistes, les chaussettes Disney et les associations de couleurs hasardeuses. Par ailleurs, certaines personnes accordent une grande importance à l’état de vos chaussures. N’oubliez donc pas de les cirer avant vos entretiens.

 Si vous êtes une femme, optez pour un tailleur de couleur sombre et bannissez les tailleurs de couleurs vives comme le blanc ou le rose bonbon. Compte tenu de la tendance quasi irrépressible de certains hommes à regarder vos jambes, préférez un pantalon si vous avez peur d’être déstabilisée par leur regard. Préférez un haut simple ou un corsage. Au niveau des couleurs, les codes sont plus souples que pour les hommes.

 S’il est vrai, mesdames, que vous pouvez davantage compter sur vos atouts physiques, ne prenez pour autant pas le risque de mettre un décolleté plongeant. Cela pourrait être mal interprété d’un côté et être très embarrassant de l’autre. A titre indicatif, les talons hauts affinent la silhouette et donnent une allure plus professionnelle.
 
Dernier détail mais pas des moindres, vérifiez que vos vêtements sont propres et repassés.
 N’oubliez pas qu’un entretien est un exercice relativement court et que le jury doit se contenter de ce qui a été dit et de ce qu’il a vu pour fonder son jugement. Une apparence soignée ne vous fera certainement pas réussir votre entretien, mais elle vous évitera sûrement d’être bêtement évincé(e) au profit d’un(e) autre candidat(e).

Le jour J, c’est SMIG obligatoire !

La référence se veut volontairement provocatrice, mais au moins elle marque. SMIG est ici l’acronyme de Sourire Minimum d’Intégration et s’est révélé être un des meilleurs moyens que j’ai trouvé pour rappeler aux étudiants qu’un candidat souriant est plus avenant qu’un candidat qui tire une tête de six pieds de long.

Aussi difficile que cela puisse être pour vous, forcez-vous à être un minimum souriant(e) lors de vos entretiens. Premièrement, parce qu’il est plus agréable pour un jury de se retrouver face à un(e) candidat(e) qui est en apparence heureux(se) d’être là, deuxièmement parce qu’en vous mettant en condition pour sourire, vous vous mettez mentalement en condition pour être d’office plus optimiste.

Si vous avez un doute, allez voir un ami qui n’a pas le moral et qui ne fait aucun effort pour sourire. Voyez-vous comment cette personne n’est pas avenante et à quel point vous n’auriez pas envie d’engager spontanément la discussion avec elle, si ce n’était pas votre ami ? N’oubliez pas que le jury vous juge et que le moindre détail, qui peut faire pencher la balance en votre faveur, doit être pris en compte.

Et si tout se jouait au cours des premières secondes ?

       Une entrée maladroite, un regard fuyant, une voix chevrotante ou inaudible, voilà le parfait cocktail pour rater son arrivée sur scène. Sur scène dites-vous ? Oui, une scène sur laquelle vous allez jouer votre propre rôle et dont vous êtes le protagoniste.

 Pourquoi ne faut-il pas rater son entrée ? Tout simplement, parce les jurys se remémorent en priorité deux moments essentiels de votre prestation, le début et la fin. Un évident sentiment de malaise ou de peur n’est pas annonciateur d’une prestation de qualité, tandis qu’un candidat souriant et posé laisse présager un agréable moment.

Les premières secondes de votre entretien sont un « one shot gun », comprenez par là que vous ne pourrez laisser qu’une première impression, faites donc en sorte que ce soit la bonne !

Avant votre entrée dans la salle d’examen, assurez-vous que vous vous tenez droit, que vous semblez détendu et que vous êtes souriant. Non, il ne s’agit ni du sourire béat façon groupie, ni du sourire ravageur façon Colgate. Un léger sourire qui prouve que vous êtes heureux d’être là et d’avoir l’occasion de défendre votre candidature.

Soyez sûr de vous, attendez d’avoir refermé la porte de la salle pour regarder le jury dans les yeux et lui dire bonjour. Bannissez le « salut » de votre vocabulaire et optez pour des formules de politesse comme « Bonjour Madame, bonjour Messieurs ». Attendez pour vous asseoir que l’on vous y autorise.

Bien entendu, un jury ne vous jugera a priori jamais sur votre entrée, mais celle-ci donne souvent le « la ». Il est donc important de la soigner et de montrer dès les premières secondes sous votre meilleur jour.