Astuces

Fonctionnez par messages clés

A la manière d’une recette de cuisine, les entretiens se réussissent en respectant les proportions et certaines étapes cruciales. Il ne suffit pas de mettre une grande dose de sourire pour compenser la vacuité la plus totale de vos propos. Comme me l’avait un jour dit l’un de mes professeurs : « l’intelligence physique ne comble très partiellement le fossé laissé béant par l’absence d’une intelligence intellectuelle ».

Un entretien d’école de commerce ne peut pas être réussi sans avoir mentionné :

·         Les raisons qui vous poussent à l’intégrer

·         Ce que vous venez chercher en école (cours spécialisés, immersion à l’étranger, etc.)

·         Ce que vous allez apporter à l’école

D’une manière générale, les mots clés s’adaptent au poste que vous sollicitez, aux fonctions que vous souhaitez obtenir, à votre personnalité, etc. Cependant, il paraît difficile de ne pas évoquer les notions de « motivation », d’ « envie », d’ « association », de «  projet », de « dynamisme », d’ « étranger » dans un entretien d’ESC.

Bien entendu, il ne s’agit pas de tous les citer. Ces mots clés sont simplement révélateurs de votre envie d’intégrer l’école. Si le jury vous sent blasé ou si votre discours n’est pas cohérent avec l’image que vous renvoyez, il est fort possible que vous mentiez ou que vous n’attachiez aucune importance à l’école que vous présentez.

Fonctionner par mots clés, c’est l’assurance d’avoir des fils rouges à développer au cours de l’entretien. Fonctionner exclusivement par mots clés, c’est l’assurance de faire une énumération de points sans les illustrer, ce qui n’a strictement aucun intérêt pour le jury.

En conclusion, sachez évoquer des concepts, mais soyez toujours en mesure de les expliciter et de les illustrer par des expériences personnelles et des faits concrets.

Comment comptez-vous concilier vie professionnelle et vie familiale ?

        Vous êtes une jeune femme, vous avez de l’ambition, vous vous êtes engagée dans des études longues, votre projet professionnel est un minimum construit, dans ce cas, attendez-vous à vous voir poser la question de la conciliation de votre vie familiale et de votre vie professionnelle. En France, réussite professionnelle et vie familiale épanouie de font pas bon ménage, surtout lorsque l’on est une femme. Peu d’entreprises proposent des aménagements du temps de travail ou disposent d’aménités pour faciliter la vie des parents (e.g. garde d’enfants).

 

Du fait d’un cloisonnement entre vie privée et vie publique, il peut sembler difficile de mener les deux de front. Cependant, comme toute chose, en faisant des sacrifices, il est possible de trouver l’équilibre qui vous convient le mieux. Pour cette question, il vaut mieux parler de personnes autour de vous, qui ont parfaitement réussi à mener les deux de front, tout en soulignant la difficulté de l’exercice : il s’agit à la fois de réussir sa carrière et d’élever des êtres humains, qui auront besoin d’une attention de tous les instants.

 

Comme toujours, soyez optimiste et prouvez que dans ce domaine, comme dans tous les autres, que vous prendrez le taureau par les cornes. Rappelez-vous qu’il s’agit d’une question pour vous déstabiliser. Si le jury se montre dubitatif, soyez encore plus concret (en mentionnant par exemple de grandes femmes d’affaires également mère) et surtout faites en sorte de ne tomber ni dans l’écueil féministe, ni dans l’écueil misogyne.

 

Comment vous voyez-vous dans 10 ans ?

          Dans la série des questions qui déstabilisent les candidats jeunes ou moins jeunes, le « comment vous voyez-vous dans 10 ans ? » figurent dans le trio de tête.

Que peut-on répondre à une question, qui en apparence paraît idiote, et dont la réponse est pour le moins aléatoire, sauf à avoir des dons particuliers pour la divination.

 

L’immense majorité des étudiants en classe préparatoire vous répondront qu’ils se voient dans une dizaine d’années avec un travail qui leur plaît, avec une famille et peut-être déjà des enfants. En soit, la réponse n’est pas critiquable et nul ne doit se moquer de quelqu’un qui aspire à une vie familiale paisible. Malheureusement pour vous, vous passez un entretien et vous êtes là pour convaincre le jury que vous êtes LE ou LA candidate idéale.

 

Abandonnez momentanément vos rêves de « famille Ricoré » et montrez en quoi votre personnalité est en adéquation avec ce que les recruteurs recherchent. Parlez au conditionnel, dans la mesure où vous ne savez pas où vous serez d’ici là, mais faites preuve de réalisme, d’envie et d’optimisme. Expliquez par exemple que vous aimeriez travailler sur tel type de produits au sein de l’entreprise X ou Y. Que vous voyez plus probablement travailler dans une ville comme Londres ou Milan pour Z raison. Par ailleurs, vous pouvez souligner le fait que si vous ne savez pas ce que vous ferez, vous savez les valeurs auxquelles vous continuerez à adhérer et qui sont les vôtres aujourd’hui.

 

Ce ne sont bien entendu que des exemples de réponses possibles, l’important étant de toujours ramener la question à soi, de ne paraître ni candide,  ni trop confiant et de réaffirmer que de tous les candidats vous êtes définitivement le ou la meilleure.

 

Le poker ou le vice du jeu

Le poker s’est affirmé au cours de ces dernières années comme une activité à la mode. C’est donc le plus simplement du monde qu’un nombre grandissant de candidats répond « le poker » à la question « quels sont vos centres d’intérêt ? ».

 

L’activité pourrait paraître anodine, mais elle est en général très mal perçue par les recruteurs. En voici les raisons. Au-delà de l’aspect jeu de stratégie, le poker est un jeu d’argent. Or, les jeux d’argent ont toujours eu une connotation péjorative dans nos sociétés. Le poker est donc associé à l’argent facile, à la fête, aux excès ou au contraire à l’enfer du jeu, à l’endettement.

 

Oublions un instant les pertes ou les gains indécents. Qu’est-ce qui fait le propre d’un bon joueur de poker ? Sa capacité à se concentrer, à anticiper les coups de ses adversaires et plus encore sa faculté à dissimuler son jeu, à feindre ce qui n’est pas, à faire croire et à laisser supputer.

 

Vous comprendrez aisément que la dissimulation n’est pas perçue par les recruteurs comme l’une des vertus cardinales du bon candidat. En d’autres termes, c’est exactement comme si vous répondiez que votre plus grande qualité était votre capacité à mentir.

 

Vous êtes libres de vos choix et de vos réponses, mais il n’en demeure pas moins que de mentionner le poker en entretien risque de vous mener sur des terrains pour le moins glissants. N’oubliez pas qu’un entretien est court et que s’il est possible de se décrédibiliser en quelques secondes, il est plus difficile de construire un semblant de confiance et de sérieux.

 

Faites vos jeux !

 

Faites nous rêver

 

Dans la hiérarchie des questions qui traumatisent les candidats, le « faites nous rêver » se place en haut lieu. Comment appréhender cette question ? Y a-t-il réellement une bonne réponse à cette question ?

 

Avant de vous proposer une solution, revenons un instant sur le contexte. Lorsqu’un jury vous pose la question « faites nous rêver » et par extension les questions du type « faites nous rire » ou « quelle la chose la plus folle que vous ayez faites ? », vous devez comprendre que le jury vous envoie un avertissement.

 

Deux solutions se présentent devant vous. Soit vous êtes un bon candidat, votre discours est rodé et le jury a envie de vous déstabiliser en vous posant une question sans réel rapport avec ce que vous veniez de dire, soit vous êtes un candidat soporifique et le jury vous donne la chance de vous ressaisir en changeant votre attitude et votre ton.

 

Au-delà de l’avertissement et du test, il n’en demeure pas moins obligatoire de répondre à cette question. Il n’existe pas de réponse miracle. A vous de trouver un sujet qui vous tient a cœur et  que vous maîtrisez suffisamment bien pour le partager avec passion avec votre jury. Prenons l’exemple d’un coucher de soleil à Tahiti, vous devez être suffisamment communicatif et convaincant pour qu’à la fin de votre temps de parole le jury n’ait qu’une envie : prendre le premier billet d’avion et partir sur le champ !

 

L’entretien doit être vu comme un moment de partage, comme une occasion unique de passer un bon moment avec des personnes que vous ne connaissez pas. Au-delà de la simple évaluation, il y a toujours une rencontre.

Optez pour la « Positive attitude » !

Il n’y a rien de pire pour un jury que d’avoir en face de lui un candidat qui n’a de cesse de se descendre en flammes. Morceaux choisis :

« Non, mais vous comprenez… J’étais là, mais j’aurais pu être ailleurs, je servais à pas grand-chose, enfin… à rien en fait ! »
« J’ai fini le marathon de Paris, mais bon j’ai aucun mérite, je l’ai couru en plus de 5h »
« Ah bon ? Parce que c’est extraordinaire ce que j’ai fait en stage ? »
 
Vous trouvez que ces exemples sont caricaturaux et pourtant ils sont représentatifs de ce que nous pouvons parfois entendre lors des entretiens en ESC. Suivez donc les conseils de M. Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier Ministre et ancien élève de l’ESCP-EAP, et adoptez la « positive attitude ».
 De trop nombreux candidats dénigrent spontanément leurs expériences, les jugeant banales voire inintéressantes. De deux choses l’une, soit vous considérez que ces expériences n’ont pas d’intérêt et dans ce cas ne les mentionnez pas, soit ces expériences sont dignes d’être racontées et dans ce cas ne vous tirez pas une balle dans le pied.

 Les jugements de valeur n’engagent que ceux qui les portent ! Rien ne vous dit que le jury considèrera votre expérience comme banale ou ridicule, surtout lorsqu’il s’agit de courir d’une seule traite 42 km.

 Soyez confiant et racontez en quoi ces expériences furent uniques et enrichissantes pour vous. Si une expérience a été en demi-teinte pour ne pas dire catastrophique, insistez sur les enseignements que vous en avez tirés. De fait, on privilégiera toujours un candidat qui sait se nourrir de toutes les expériences aussi malheureuses soient-elles, plutôt qu’un candidat qui s’attarde en permanence sur les aspects négatifs.

Pour résumer, voyez toujours le verre à moitié plein et non à moitié vide !

L’impact du langage selon Albert Mehrabian

Albert Mehrabian a mis au jour dans Implicit communication of emotions and attitudes le fait que les messages verbaux comptent beaucoup moins que les messages non verbaux. Ainsi, selon  cette étude :

  • 7% de la communication est verbale
  • 38% de la communication passe par l’intonation et le son de la voix
  • 55% de la communication passe par le langage corporel

 Si vous pouvez utiliser vos mains pour vous donner de la prestance, mettre de l’emphase dans votre discours, évitez coûte que coûtes les « doudous émotionnels » (ex : jouer compulsivement avec votre stylo ou avec une mèche de cheveux)

 Vous créerez chez vos interlocuteurs un taux de crédibilité immédiate fort dès les premières secondes si vous souriez, si votre regard n’est pas fuyant et si votre ton est assuré. En revanche, la grandiloquence et la condescendance sont à bannir !!

Ces petits plus qui peuvent faire toute la différence (partie 1)

C’est le jour J et d’ici quelques minutes vous allez tenter de prouver à un jury plus ou moins bienveillant que vous êtes le candidat de la journée. Vous avez revu en long, en large et en travers les plaquettes présentant les parcours académiques et associatifs, mais ce n’est pas toujours suffisant. Voici quelques éléments à systématiquement vérifier avant un entretien.

La ville :

 Contrairement à ce que l’on entend parfois, Paris n’est pas la France ! Chaque fois que vous partez visiter une nouvelle école, pensez à vérifier les points suivants :


  • Nom de la région, du département (et son numéro), chef lieu
  • Nom du Maire de la ville, sa tendance politique et éventuellement une ou deux de ses réalisations (ex : Gérard Collomb a mis en place les Velo’v à Lyon)
  • Quelques lieux historiques particulièrement connus (ex : la place Stanislas à Nancy inscrite au patrimoine de l’UNESCO, le Palais des beaux-arts de Lille)
  • Des événements historiques ayant marqué l’histoire de la ville ou de la région (ex : Cathédrale Notre-Dame de Reims lieu de sacre des rois de France, Montaigne élu Maire de Bordeaux en 1585)
  • Le club de sport de la région (football & rugby)
  • Quelques employeurs ou sièges sociaux connus (Interpol à Lyon, Pernod-Ricard à Marseille)

 On ne choisit pas simplement une école, mais également une ville dans laquelle on va probablement vivre 2, 3 voire 4 années. Imaginez donc par exemple la surprise d’un jury nantais, si vous lui expliquez que vous adorez la ville et plus encore son école, mais que vous ne savez même pas que la marque BN signifie Biscuiterie Nantaise.

 Bien entendu, toutes ces questions ne sont pas systématiquement posées, mais un homme averti en vaut deux.