Conseils

La "Shark Attitude"

   Vous rêvez jour et nuit de voitures de sport, de résidences privées, de voyages en jet. Vous avez fait vôtre l’adage de 50 Cent « get rich or die tryin » et vous comptez bien montrer au jury à quel point vous êtes motivé pour devenir le candidat le plus riche et le plus puissant possible en un minimum de temps.

 

Avoir de l’ambition est une excellente chose, elle permet d’aller de l’avant et de se donner du courage quand l’énergie vient à manquer. Cependant, il y a un décalage entre avoir de l’ambition  et avoir les dents qui rayent le parquet. Contrairement à ce que pourrait laisser penser la dernière campagne d’HEC, il est mal vu d’arriver en école avec des caisses enregistreuses à la place des yeux.

 

Depuis la crise des subprimes et plus encore depuis la dénonciation des dérives de la « finance internationale » et de ses politiques de gratification, il ne fait pas bon de venir en école avec une envie non dissimulée de faire de l’argent. Cela demeure un sujet tabou de ce côté de l’Atlantique !

 

L’ambition démesurée s’accompagne en général d’une capacité à écraser ses adversaires tel un rouleau compresseur. Rappelez-vous qu’en ESC, beaucoup d’activités s’articulent autour du concept de travail en groupe. Si vous ne savez pas travailler avec les autres, vous aurez du mal à vous illustrer dans le bon sens du terme. Plus simplement, le jury ne vous verra pas vous intégrer dans l’école et préférera opter pour un candidat plus simple et en apparence moins ambitieux.

 

N’oubliez pas que le jury, qui est en face de vous, est composé de personnes qui n’ont pas nécessairement fait le choix de l’argent à tout prix. Leur imposer votre vision de la réussite, c’est leur signifier qu’ils ont raté leur vie… Adaptez votre discours à votre jury et surtout gardez pour vous votre surplus d’ambition !

 

Quel est votre rêve le plus fou ?

             Dehors avec vos amis, vous rêveriez de jouer sur les planches, de chanter comme Pavarotti, ou en toute modestie de refaire le monde. Si l’on vous pose la même question dans le cadre formel d’un entretien, les réponses deviennent à l’instant consensuelles et souvent insipides. Il ne s’agit pas d’évoquer une utopie, à la limite du candide, mais de partager avec le jury quelque chose qui vous tiendrait particulièrement à cœur et que vous espérez secrètement réaliser un jour ou l’autre.

 

Petit rappel : le rêve fait référence à un succès ou à un événement hautement improbable, à une idée quasi chimérique. L’envie n’est rien de plus que la manifestation d’un vif désir. Beaucoup de personnes confondent ces deux notions et évoquent la notion de rêve là ou il n’y a qu’une envie.

 

Le rêve, par essence, porte en lui quelque chose qui vous motive réellement et qui vous fait espérer, aussi improbable que cela puisse paraître. Vous pouvez rêver de marcher sur la Lune, mais posséder une voiture de sport n’est pas un rêve, dans la mesure où il vous suffirait de contracter un prêt ou de tomber sur une bonne occasion pour l’acquérir.

 

Pour cette question, faîtes preuve d’inventivité et soyez honnête. Le jury veut savoir quelle part d’enfant reste encore en vous. Si vous n’avez aucun rêve à 20 ans, comment serez-vous d’ici 10 ou 15 ans, sachant que les désillusions vont souvent en s’empirant au fil des années ? Quel que soit votre rêve, restez optimiste et un minimum réaliste.

 

« On croit que les rêves, c'est fait pour se réaliser. C'est ça, le problème des rêves : c'est que c'est fait pour être rêvé ». Coluche.

 

L’art d’en faire toujours trop

Certains candidats ont l’art d’en faire toujours trop : sourire Colgate, costume sur mesure satiné, cravate slim, teint halé... Dans sa variante féminine, cela donnerait un magnifique tailleur de grand couturier, un décolleté aussi profond que tentateur, un visage d’ange... La particularité de ce(tte) candidat(e) est qu’il/elle propose en plus un discours parfait, lisse, tellement cohérent que cela en devient suspicieux.

 

L’archétype a réalisé 500 000 choses au cours de sa courte vie, aurait eu le temps d’en faire encore deux fois plus et trouve cela parfaitement normal, alors que le commun des mortels peine (s’il a déjà tenté l'expérience) à en faire ne serait-ce que le quart de la moitié. Il n’a jamais connu d’échecs, d’ailleurs il vient de faire une levée de fonds à hauteur de 25K€ pour aider un village camerounais, qu’il connaît bien pour y avoir vécu pendant un an. N’oublions pas que ce candidat parle couramment 5 langues et qu’il se lance dans l’apprentissage d’une langue morte à ses heures perdues pour passer le temps.

 

Si ce profil peut vous paraître rare, il est pourtant la caricature à peine forcée de certains enfants d’expatriés ou de diplomates. Si vous êtes dans cette situation, ne surjouez pas et à l’extrême limite n’en racontez pas trop, sous peine de renvoyer au jury la médiocrité de sa petite vie bien rangée.

 

La jalousie est un comportement humain, ne la provoquez pas inutilement en exposant sans aucun recul et naïvement une vie, qui en ferait rêver plus d’un. Insistez sur les points essentiels, comme votre adaptabilité et votre maîtrise des langues étrangères, et laissez au vestiaire des expériences trop rares pour être considérées comme normales par un cadre supérieur (e.g. avoir siégé à l’ONU à 15 ans). Soyez conscient de votre chance, mais n’en faites et n’en dites pas trop !

 

Faites vivre vos propos !

        La différence entre un bon et un mauvais entretien réside en premier lieu dans la capacité du candidat à illustrer ses propos avec des exemples concrets et intéressants. Certains écueils peuvent être facilement évités et ainsi permettre de donner quelques couleurs à un entretien :

  • Etre chronologique : lorsque l’on vous demande d’expliquer votre parcours en deux ou trois minutes, évitez à tout prix les digressions et les retours en arrière. Une fois que vous êtes passé à une nouvelle étape de votre parcours, vous ne revenez pas trois ans en arrière pour justifier vos choix. Soyez clair, concis et direct !

 
Mauvais candidat : J’ai fait ma classe préparatoire au lycée xxx à Paris. Dans ce cadre, j’ai eu l’occasion de rencontrer M. Untel qui a partagé avec moi sa passion du judo. A ce propos, cela me fait penser que huit ans auparavant, j’avais fait une initiation de karaté, qui n’avait pas été concluante…

 

Pourquoi ? Les digressions ont tendance à perturber votre message, voire à le brouiller complètement. Que voulait démontrer le candidat ? Y avait-il un rapport entre la classe préparatoire et le reste ? Avec le stress, vous risquez de perdre pied et de vous mettre spontanément dans des situations délicates. Ayez un fil conducteur en tête et « stick to it » comme diraient nos amis anglo-saxons.

 

  • Etre concis : le jury n’attend pas de vous que vous lui racontiez une histoire à la « père Castor ». Autrement dit, sachez ce que vous voulez raconter et n’excédez pas 2 à 3 minutes de temps de parole. N’oubliez pas que plus vous vous concentrez sur un point, moins vous avez de temps pour défendre votre candidature dans son ensemble. Ceci ne veut pour autant pas dire que vous devez être sec comme un sachet de soupe lyophilisé : apportez suffisamment de détails pour être intéressant, mais pas trop pour ne tomber pas dans le récit.

 

  • Ne pas romancer : Personne n’attend de vous que vous ayez une vie aussi trépidante que Jack Bauer, le héro de la série télévisée 24 Heures Chrono. Nul besoin d’avoir escaladé l’Himalaya sur les mains ou d’avoir gagné trois compétitions d’ « Iron Man » pour captiver l’intérêt du jury.
  • Etre honnête : Ne tombez pas dans l’écueil qui consiste à faire de la publicité mensongère. Nous sommes tous pétris de qualités et de défauts, pas besoin de prétendre que vous lavez plus blanc que blanc pour séduire le jury.


Comment préparer son projet professionnel ? (Partie 1)

Cet article se destine en priorité aux préparationnaires. Comme vous le savez, les jurys en école de commerce attendent que vous ayez un projet professionnel à leur présenter ou tout du moins des goûts professionnels suffisamment affirmés pour être crédibles. Mais comment réfléchir à son projet pro alors que l’on est encore en train de diagonaliser des matrices carrées et que l’école nous semble encore très loin ?

 

Voici différentes pistes à explorer au préalable :

 

  • Trouver les secteurs pour lesquels on a une attirance spontanée en fondant votre raisonnement sur ses qualités (ex : bon communiquant, goût pour les chiffres)

 

  • Aller aux salons de l’étudiant et rencontrer de jeunes professionnels qui vous parleront de leur expérience
  • Solliciter des personnes, poser des questions à son entourage

 

  • Effectuer un stage d’un mois entre la première et la deuxième année de classe préparatoire pour découvrir le monde de l’entreprise

 

N’hésitez pas acheter les numéros spéciaux de Capital, de l’Etudiant ou de Challenges pour nourrir votre réflexion. Il existe également des tests qui peuvent vous donner une idée des secteurs dans lesquels vous pourriez évoluer.

 

La recherche du projet professionnel est un travail de longue haleine. Même si ce travail est laborieux et parfois pénible, vous devez vous astreindre à faire des recherches, sauf si vous ne souhaitez pas intégrer une école, ce qui est un débat très différent…

 

La Bling Bling attitude

Autant il est important d’être correctement habillé lors de vos entretiens, autant il faut éviter d’afficher ostensiblement des SER ou Signes Extérieurs de Richesse.


Mesdemoiselles, laissez dans votre coffre à bijoux, le temps des entretiens, vos bracelets Dinh Van et Redline, vos colliers Tiphany et O.J Perrin, vos bagues Cartier et tout autre objet de valeur que le commun des mortels ne peut se permettre d’acheter sans y réfléchir à deux fois.

Messieurs, évitez de porter la Rolex paternelle, sous prétexte que cela fait plus sérieux. Oubliez les boutons de manchette, les cravates monogrammées et les cols financiers. Lorsque vous serez devenu le Gordon Gekko local nous en reparlerons, en attendant faites profil bas.


Ne suscitez pas l’envie
ou la jalousie inutilement, vous aurez déjà fort à faire en n’ayant à défendre que votre propre candidature. Certaines personnes ont du mal à admettre qu’une personne, ayant 20 à 30 ans de moins, puisse porter des objets de valeur qu’elles ont mis des années à acquérir. Dans l’imaginaire collectif, les nouveaux venus commencent en bas de l’échelle et montent en grade petit à petit. Ne froissez personne et ne prenez pas de risques inutiles en allant plus vite que la musique.


Libre à vous de ne pas écouter ce conseil, mais dans ce cas ne vous étonnez pas si vous essuyez un commentaire du genre : « Si vous avez les moyens de vous payer une montre à 4000€, vous aurez également les moyens de réussir votre vie sans nous ». Que cette assertion soit vraie ou fausse, le résultat est le même : vous vous ferez griller. Si l’illustration ne vous semble pas claire, dites-vous que l’on commence à apprendre à conduire avec une petite citadine et que l’on pilote éventuellement quelques années plus tard une voiture de sport, pas l’inverse.

Si vous êtes une femme, rien ne vous empêche de porter un ou deux bijoux discrets. De même, si vous êtes un homme, rien de vous empêche de porter un article de valeur, mais ne vous amusez pas à venir avec plusieurs SMIC autour de chaque poignet. Tout est affaire de juste mesure et de discrétion.

 

Voici également pourquoi ces signes extérieurs de richesse peuvent agacer. Et vous, considérez-vous que vous avez réussi votre vie ?



Coupez le cordon ombilical

Que vous postuliez pour une place en école de commerce, pour un stage ou pour un emploi, vous serez toujours considérés par vos interlocuteurs comme des adultes. De fait, toute évocation des mots « papa » ou « maman » décrédibilisera irrémédiablement votre discours.

Pourquoi bannir les références familiales ? Premièrement, parce que prononcer le mot « papa » ou « maman » prouve que vous n’avez pas pris de distance avec vos parents. En filigrane, le jury percevra une forme de dépendance quant à l’autorité familiale. Deuxièmement, parce qu’évoquer en permanence vos proches pourrait signifier que vos choix ont été déterminés par leur existence. C’est probablement en partie le cas, mais ce n’est pas le discours que veut entendre un jury de la part de jeunes adultes.

Jury : Qu’est-ce qui vous amène devant un jury d’école de commerce aujourd’hui ?
Candidat : Mes parents sont respectivement diplômés d'HEC et de l’ESCP, c’est pourquoi j’ai souhaité faire une ESC
Jury : Vous êtes donc déterminé par le parcours de vos parents !
Candidat : Non, non !
Jury : Alors quelles sont vos motivations ?
Candidat : Euh…

Moralité, moins vous évoquerez vos proches, mieux vous vous porterez. Ce qui n’interdit pas bien entendu de les évoquer si la question vous est posée.

 

La vérité toujours la vérité, rien que la vérité !

  S'il y a bien une question qui revient de manière récurrente, c'est "peut-on mentir en entretien ?". Autant certains sujets appellent à débat, ici aucun doute possible. La réponse est clairement NON !

Les raisons qui doivent vous retenir de mentir sont légions :

  • D’un point de vue moral, c’est tout simplement mal
  • Un mensonge est toujours bancal, vous ne serez jamais aussi convaincant que lorsque vous parlerez d’un sujet que vous maîtrisez réellement et qui vous plaît
  • C’est prendre le risque de se contredire au cours de l’entretien suite à un moment d’inattention
  • Entamer une relation ou un partenariat par un mensonge n’augure rien de bon pour l’avenir...

Si toutes ces raisons ne vous ont pas convaincus. Voici le cas de Jeffrey Chiang, jeune Américain d’origine chinoise qui s’est amusé à mentir en entretien dans des proportions hors du commun. Les mensonges se sont accumulés jusqu’au moment où quelqu’un s’est aperçu de la supercherie. En quelques heures, des centaines de milliers de pages mentionnaient le nom de Jeffrey Chiang, le blacklistant d’office dans des centaines d’entreprises.

L’extrait suivant est en anglais, mais mérite d’être lu :

From: xxxxx (BoAML person)
Sent: Thursday, October 15, 2009 4:43 PM
To: xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx (Other people at other banks)
Subject: FW: Jeffrey Chiang

I don't know if this guy has come up on your radar screens in terms of analyst recruits, but you need to be warned about him. I should have been tipped off by the fact that he ran a "5K marathon" on his resume.
I just figured something got lost in translation.

I interviewed him on campus, and while he was pretty weird/intense, he seemed like somebody who would crank and potentially make for a good analyst, so we waved him in for an office visit.

Things started going bad for him when I got a call from our HR department about him during our Superday. In making his travel arrangements with our travel agent, he had apparently made a big stink about needing to stay at the Four Seasons and blew up on the travel person. It was apparently bad enough that she went to the trouble to inform our HR department.

Our Superday reviews on him were pretty mixed, nonetheless. He had spent a summer at Gulfstar, so I did a bit of checking on him there, and it became clear that they were also very unimpressed with the way that he carried himself. So, we dinged him, but that is not where the story ends.

He had told one of the associates in our office that he was in the second round of interviews for MS's Palo Alto office. Well, our associate happened to mention this to his friend that works in the MS Palo Alto office and the associate at MS said that Jeff had had only had a phone interview but had indicated that he had an offer from BAML.
When the MS team asked him to send proof of his offer, he manufactured the email below and forwarded to the MS team.

We have notified UT of this joker's behavior, but needless to say, this guy shouldn't be able to get a job at McDonalds after a stunt like this.

xxxxx

-----Original Message-----
From: xxxxx (MS person)
Sent: Wednesday, October 14, 2009 12:58 AM
To: xxxxx (BoAML person)
Subject: FW: Bank of America Merrill Lynch Interviews

This is what Jeffrey sent Morgan Stanley to prove he received an offer from your firm. Given you told me you dinged him, should I assume this is fake? If so, that's unbelievable and his school should be notified, he shouldn't get a job anywhere on Wall Street.

-----Original Message-----
From: xxxxx (Morgan Stanley person)
Sent: Tuesday, October 13, 2009 10:47 PM
To: xxxxx (Another MS person)
Subject: Fw: Bank of America Merrill Lynch Interviews

----- Original Message -----
From: Jeffrey Chiang
To: xxxxx (Morgan Stanley person)
Sent: Tue Oct 13 22:52:34 2009
Subject: FW: Bank of America Merrill Lynch Interviews

Best Regards,

Jeffrey Chiang
Business Honors Program & Finance
Economics Honors & Advertising Honors
McCombs School of Business
The University of Texas at Austin
Email: xxxxx
Cell: xxxxx
________________________________________
From: Park, Diana
Sent: Friday, August 21, 2009 3:36 PM
To: Jeffrey Chiang
Subject: RE: Bank of America Merrill Lynch Interviews

Hi Jeff,

Everyone was very impressed with your interviews today. We are excited to formally extend to you an offer to join Bank of Ameria Merrill Lynch as an analyst next summer. You should be getting documentation in the mail to sign very shortly. If you have any further questions please feel free to email me. Again, congratulations and we look forward to having you join us next year.

Best,
Diana

-----Original Message-----
From: Jeffrey Chiang
Sent: Thursday, August 20, 2009 4:28 PM
To: Park, Diana
Subject: Bank of America Merrill Lynch Interviews

Ms. Park-

I just wanted to follow up with you regarding my interviews and the recruiting process for Bank of America Merrill Lynch and where they are in the process. Please shoot me back an email when you can. Thanks for all your help.

Best Regards,

Jeffrey Chiang
Business Honors Program & Finance
Economics Honors & Advertising Honors
McCombs School of Business
The University of Texas at Austin
Email: xxxxx
Cell: xxxxx

Un autre lien à consulter à ce sujet : http://dealbreaker.com/2009/10/jeffrey-chiang-will-be-receivi.php

Moralité, ne mentez pas, sauf si vous voulez vous retrouver dans des situations pour le moins délicates.

L'habit ne fait pas le moine, mais...

Contrairement aux idées reçues, les entretiens ne sont pas l’occasion de sortir votre plus beau costume de marque agrémenté de votre cravate à 150€ ou de votre plus joli carré de soie Hermès. Quelques rappels sont ici nécessaires : L’entretien de personnalité, comme son appellation l’indique, doit permettre à un jury de savoir si votre personnalité correspond aux attentes de l’école et/ou du recruteur.
 
Le tailleur pour les femmes et le costume cravate pour les hommes ne sont pas pensés comme des éléments différenciateurs, mais bel et bien comme un moyen d’uniformiser l’aspect extérieur et en somme de permettre de ne fonder son jugement sur l’apparence, ou plus justement sur les supposés moyens financiers de la personne assise en face du jury.
 
Toutes les excentricités sont à bannir, sauf si vous êtes prêt(e) à les justifier et à perdre du temps sur ces points. Je vous rappelle que plus le jury s’attarde sur votre tenue, moins il s’attarde sur votre personnalité et son adéquation avec ce qu’il a à vous offrir (une place en école, un stage, un emploi, etc.). Nous pourrions résumer ces propos par la formule « gain de temps, donc gain potentiel de points, donc gain potentiel de places ».

 Si vous êtes un homme, optez pour un costume de couleur sombre (bleu marine, anthracite) en évitant autant que possible le « full black » parfait pour un épisode de Men In Black, moins pour un entretien. Choisissez une chemise simple et repassée, de préférence de couleur blanche, ainsi qu’une cravate sobre.
 
Évitez à tout prix les cravates slim et fantaisistes, les chaussettes Disney et les associations de couleurs hasardeuses. Par ailleurs, certaines personnes accordent une grande importance à l’état de vos chaussures. N’oubliez donc pas de les cirer avant vos entretiens.

 Si vous êtes une femme, optez pour un tailleur de couleur sombre et bannissez les tailleurs de couleurs vives comme le blanc ou le rose bonbon. Compte tenu de la tendance quasi irrépressible de certains hommes à regarder vos jambes, préférez un pantalon si vous avez peur d’être déstabilisée par leur regard. Préférez un haut simple ou un corsage. Au niveau des couleurs, les codes sont plus souples que pour les hommes.

 S’il est vrai, mesdames, que vous pouvez davantage compter sur vos atouts physiques, ne prenez pour autant pas le risque de mettre un décolleté plongeant. Cela pourrait être mal interprété d’un côté et être très embarrassant de l’autre. A titre indicatif, les talons hauts affinent la silhouette et donnent une allure plus professionnelle.
 
Dernier détail mais pas des moindres, vérifiez que vos vêtements sont propres et repassés.
 N’oubliez pas qu’un entretien est un exercice relativement court et que le jury doit se contenter de ce qui a été dit et de ce qu’il a vu pour fonder son jugement. Une apparence soignée ne vous fera certainement pas réussir votre entretien, mais elle vous évitera sûrement d’être bêtement évincé(e) au profit d’un(e) autre candidat(e).

Le jour J, c’est SMIG obligatoire !

La référence se veut volontairement provocatrice, mais au moins elle marque. SMIG est ici l’acronyme de Sourire Minimum d’Intégration et s’est révélé être un des meilleurs moyens que j’ai trouvé pour rappeler aux étudiants qu’un candidat souriant est plus avenant qu’un candidat qui tire une tête de six pieds de long.

Aussi difficile que cela puisse être pour vous, forcez-vous à être un minimum souriant(e) lors de vos entretiens. Premièrement, parce qu’il est plus agréable pour un jury de se retrouver face à un(e) candidat(e) qui est en apparence heureux(se) d’être là, deuxièmement parce qu’en vous mettant en condition pour sourire, vous vous mettez mentalement en condition pour être d’office plus optimiste.

Si vous avez un doute, allez voir un ami qui n’a pas le moral et qui ne fait aucun effort pour sourire. Voyez-vous comment cette personne n’est pas avenante et à quel point vous n’auriez pas envie d’engager spontanément la discussion avec elle, si ce n’était pas votre ami ? N’oubliez pas que le jury vous juge et que le moindre détail, qui peut faire pencher la balance en votre faveur, doit être pris en compte.