Ces formulations à éviter lors d’un entretien

Dans le feu de l’entretien, il peut arriver que l’on soit amené à prononcer des formules maladroites, des expressions malheureuses. C’est un fait et on ne peut pas savoir comment nous réagirons dans une situation de stress intense. A côté de cela, il est facile d’éliminer certaines scories qui viennent polluer votre discours et qui nuisent à votre crédibilité face à vos interlocuteurs.

 

Ci-dessous vous trouverez une liste non exhaustive de ces formulations à éviter lors d’un entretien. A vous de compléter la liste comme bon vous semble.

 

L’ouverture d’esprit :

 

Mauvais candidat : Mon père est d’origine alsacienne et ma mère est d’origine bretonne. Dans ce contexte, j’ai toujours baigné dans une double culture, qui me permet aujourd’hui d’affirmer que je suis sensible à la diversité et que je suis globalement une personne très ouverte d’esprit.

 

Les erreurs : Premièrement d’avoir mentionné les parents. Ne donnez pas l’impression que vous n’avez pas coupé le cordon. Deuxièmement, ce n’est pas parce que vos parents ne sont pas nés dans la même région que vous pouvez crier sur tous les toits que vous êtes un produit de la mondialisation, ou bien que vous êtes de facto plus tolérant qu’un autre candidat.

 

Bon candidat : Après avoir passé cinq ans à Tokyo, où j’étais scolarisé au lycée Français, j’ai suivi ma famille à New York où j’ai vécu quatre ans. Outre ma capacité à maîtriser rapidement de nouvelles langues, dont le japonais et l’anglais, j’ai été particulièrement marqué par la vision individualiste de la société américaine qui s’oppose très nettement à l’holisme japonais […]. Après ces deux expériences, j’ai eu l’opportunité de résider au Sénégal pendant deux années. Là-bas, j’ai pu constater ma capacité à m’adapter facilement à de nouvelles situations. En effet, …

 

Il faut avoir réellement expérimenté la diversité culturelle pour pouvoir prétendre être ouvert d’esprit. Il ne suffit pas d’avoir regardé un reportage sur ARTE pour pouvoir prétendre comprendre une société et ses particularités. Le bon candidat insistera sur des détails de la vie de tous les jours, sur son vécu, pour expliquer en quoi son « ouverture d’esprit » et plus encore son adaptabilité à des situations très diverses sont une réalité.

 

A tort ou a raison, on ne considère pas que des voyages suffisent pour faire de vous des personnes « ouvertes », même s’il ne fait pas de doute que c’est en allant sur le terrain, en découvrant et en observant que l’on développe son sens critique. Ce n’est pas parce que vous mangez des sushis deux fois par semaine que vous maîtrisez la culture japonaise, a contrario vous pouvez résidez au Japon, connaître parfaitement la culture et ne jamais manger de sushis.

 

Petite parenthèse à destination des femmes. Dans la mesure où les jurys sont essentiellement composés d’hommes, évitez plus que les autres de dire que vous êtes « ouvertes », ils risqueraient de s’imaginer tout autre chose. De manière générale, tous les propos susceptibles de vous mettre dans une situation d’infériorité sont à éviter.

 

 

La curiosité :

 

La maxime populaire veut que la curiosité soit un vilain défaut. Pour une fois nous n’irons pas à l’encontre des idées reçues. Afin d’illustrer ce propos, voici une petite mise en situation :

 

Jury : Quelle est votre principale qualité ?

Candidat : Je suis d’une nature curieuse. J’aime tout savoir, apprendre en permanence.

Jury : Dans ce cas, que pensez-vous de la dernière acquisition de l’entreprise X dans l’état du Delaware ?

Candidat : Euh… Je ne suis pas au courant

Jury : Aurons-nous plus de chance avec l’actualité malgache ?

Candidat : Je vous prie de m’excuser, je ne vois pas de quoi vous voulez parler.

Jury : Je croyais que vous étiez d’une nature curieuse ? Apparemment, votre curiosité est pour le moins ciblée, pour ne pas dire limitée.

 

Il y a des mots comme « curiosité » qui éveillent chez le jury des pulsions sadiques. Vous vous dîtes curieux, très bien, mais dans ce cas soyez prêts à répondre à toute une série de questions plus improbables les unes que les autres.

Dans le dialogue précédent, le candidat commet une autre erreur : ne pas préciser le champ de sa curiosité et l’illustrer par un exemple concret. Il lui aurait suffi de dire, par exemple, qu’il/elle aimait apprendre de nouvelles recettes de cuisine, pour éviter la volée de bois vert.

 

Plutôt que la curiosité, dites simplement que vous aimez apprendre de nouvelles choses et empressez-vous de préciser des domaines spécifiques, enrichis par des exemples concrets.

 

L’intolérance :

 

Je m’attarderai moins sur le dernier point, tant il paraît évident et pourtant… Pourquoi un jury aurait intérêt à choisir un candidat, s’il admet qu’il n’est pas tolérant à l’égard d’autrui, des différences culturelles ? 

 

De fait, dire que l’on est pas tolérant revient à signer son arrêt de mort, avouer que l’on n’est pas fait pour la vie en communauté et qu’il vaudrait mieux opter pour un autre candidat (peut-être moins bon) apte à évoluer dans un univers multiculturel et/ou professionnel.

Commentaires (0)

Aucun commentaire pour l'instant, soyez le premier à laisser un commentaire.

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau