L’art d’en faire toujours trop

Certains candidats ont l’art d’en faire toujours trop : sourire Colgate, costume sur mesure satiné, cravate slim, teint halé... Dans sa variante féminine, cela donnerait un magnifique tailleur de grand couturier, un décolleté aussi profond que tentateur, un visage d’ange... La particularité de ce(tte) candidat(e) est qu’il/elle propose en plus un discours parfait, lisse, tellement cohérent que cela en devient suspicieux.

 

L’archétype a réalisé 500 000 choses au cours de sa courte vie, aurait eu le temps d’en faire encore deux fois plus et trouve cela parfaitement normal, alors que le commun des mortels peine (s’il a déjà tenté l'expérience) à en faire ne serait-ce que le quart de la moitié. Il n’a jamais connu d’échecs, d’ailleurs il vient de faire une levée de fonds à hauteur de 25K€ pour aider un village camerounais, qu’il connaît bien pour y avoir vécu pendant un an. N’oublions pas que ce candidat parle couramment 5 langues et qu’il se lance dans l’apprentissage d’une langue morte à ses heures perdues pour passer le temps.

 

Si ce profil peut vous paraître rare, il est pourtant la caricature à peine forcée de certains enfants d’expatriés ou de diplomates. Si vous êtes dans cette situation, ne surjouez pas et à l’extrême limite n’en racontez pas trop, sous peine de renvoyer au jury la médiocrité de sa petite vie bien rangée.

 

La jalousie est un comportement humain, ne la provoquez pas inutilement en exposant sans aucun recul et naïvement une vie, qui en ferait rêver plus d’un. Insistez sur les points essentiels, comme votre adaptabilité et votre maîtrise des langues étrangères, et laissez au vestiaire des expériences trop rares pour être considérées comme normales par un cadre supérieur (e.g. avoir siégé à l’ONU à 15 ans). Soyez conscient de votre chance, mais n’en faites et n’en dites pas trop !

 

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