Entretien

Il est l'heure de présenter votre projet professionnel !

Maintenant que vous disposez de suffisamment d'informations, vous êtes en mesure d'appréhender en tout sérénité, ou presque, l'entretien de personnalité. La question du projet professionnel a tendance à arriver en milieu d’entretien, le jury vous a mis un peu à l’aise, et maintenant il est convaincu que vous êtes un gentil bisounours, you can talk the talk, but can you walk the walk? Il vous demande donc ce que vous voudriez faire en sortant de l’école.

Evitez à tout prix de régurgiter vos informations en laissant au jury le soin de trier les morceaux. N’importe quel élève de prépa est capable d’aller chercher de l’information, vous l’avez fait, la  difficulté étant de la synthétiser de façon pertinente. De plus cela risque de donner l’impression au jury que vous le prenez pour un troupeau d’imbéciles, oui le jury sait ce que fait un comptable (il a peut-être même lu le Seigneur des Anneaux !).

Restez simple dans votre explication, pour cela évitez d’utiliser un vocabulaire ultra technique et jargonneux auquel vous auriez été confronté lors de vos recherches... Cela ne vous rendra pas plus intelligent, simplement plus fragile en cas de tentative éhontée de "bullshittage".

Si le jury n’est pas familier avec le métier ou le secteur que vous avez choisi - normalement il s’est présenté en début d’entretien et vous devez avoir retenu leur nom et leur métier - il aura l’impression que vous tentez de l’enfumer ou se sentira bête. Si le jury est constitué de gens issus de ce métier ou avec une solide expérience du secteur, il ne vous pardonnera pas la moindre erreur si vous tentez de jouer dans la cours des grands en parsemant votre discours d’acronymes, de franglais, ou de termes spécialisés. Pour être sûr que votre explication soit claire, testez la auparavant sur des gens complètement étrangers au secteur, si vos parents, votre professeur de philosophie, et votre coiffeur, sont capables de comprendre ce que vous leur avez raconté sur ce métier sans avoir à poser la moindre question, normalement vous êtes fin prêt ou tellement soporifique qu'ils préfèrent s'en tirer à bon compte en faisant semblant d'avoir tout compris.

Parlez de votre choix, pas simplement du résultat de votre choix. Si vous avez choisi le métier A plutôt que le métier B, c’est parce que A vous correspond plus en termes de personnalité, de compétences, etc. Ne dites pas pourquoi B est moins bien, dites pourquoi A est mieux pour vous.

Expliquez éventuellement pourquoi cette école vous semble la plus adaptée pour ce projet professionnel, même si honnêtement pour 90% des métiers vous pourriez aller dans n’importe quelle école et en ressortir avec une formation à peu près équivalente.

Restez modeste, ce n’est qu’un projet qu’on vous demande, pas un plan de carrière jusqu’à votre retraite. Admettez modestement que votre projet puisse changer en fonction des cours que vous suivrez et des expériences professionnelles que vous aurez. 

Normalement le jury vous posera des questions de plus en plus précises sur votre projet professionnel, jusqu’à ce qu’il soit satisfait, la longueur de l’interrogatoire dépend d’une seule chose : l’intérêt que porte le jury pour le projet que vous avez formulé (ou sur le degré ressenti de fumisterie de votre présentation).

Si aucun des membres du jury ne connaît grand-chose à votre secteur, typiquement si vous vous destinez au marketing des produits pharmaceutiques et qu’en face de vous le jury est RH dans la grande distribution, il n’aura pas forcément beaucoup de questions à vous poser. Ne pensez pas que c’est une bonne chose, au contraire cela veut dire que la première explication de votre projet devra être d’autant plus claire. Mais même s’ils n’ont pas de connaissances particulières sur le sujet, vous pouvez toujours mettre en valeur la démarche que vous avez suivie dans vos recherches pour vous rendre plus crédible, à condition de la présenter intelligemment et pas en l’imposant comme un argument d’autorité.

A l’inverse si vous tombez sur deux pros, il y a des chances pour qu’ils vous posent des questions de plus en plus pointues. Ne cherchez pas à les impressionner, quand vous arrivez au bout de vos connaissances, dites-le leur simplement, voire demandez-leur de vous expliquer, et prenez des notes. Au pire ça resservira au prochain oral, au mieux ça montrera que votre intérêt pour ce projet n’est pas feint.

La préparation du projet professionnel

La question sur le projet professionnel est incontournable de l’entretien de personnalité en école de commerce, et une de celle que les étudiants redoutent le plus parce qu’ils ne savent pas vraiment comment la préparer. Pourtant elle peut réellement asseoir votre crédibilité auprès du jury, et la préparation de cette question ne sera pas du travail perdu puisque vous pourrez vous en servir comme base pour la suite de l’élaboration de votre projet professionnel en école.

Le jury attend plusieurs choses de votre réponse :

  • De l’intérêt, voire de la passion pour un secteur ou un métier
  • Du réalisme dans les objectifs
  • De la maturité dans à la création de votre projet
  • De l’humilité dans la présentation

 

Pour répondre de manière satisfaisante il convient de se concentrer sur deux aspects : la préparation et la présentation. Se concentrer uniquement sur le second c’est s’assurer un gadin lors de l’entretien.

Préparation

D’abord demandez vous qu’est ce que vous voulez faire, en termes de métier (marketing, logistique, RH, finance, système d’information…) en termes de secteur (grande distribution, industrie, agroalimentaire, finance, conseil…), et éventuellement en termes d’entreprise, la réponse « je sais pas je verrai en école, là j’ai pas eu le temps je sors de prépa » est proprement inacceptable, d’abord parce que vous n’aurez pas plus de temps en école, dure vérité mais autant vous y faire tout de suite, et parce que c’est une réponse qui pose la question de pourquoi vous êtes allés en prépa, et si la réponse à cette dernière question est « on m’a dit de le faire », vous êtes bons pour le cubage. Vous devez donc faire preuve d’un peu de maturité, et si vous n’avez aucune idée, ouvrez le guide des métiers de l’étudiant, et lisez jusqu’à ce que vous trouviez quelque chose qui vous plaît. Vérifiez bien que le métier est accessible en début de carrière (PDG n’est pas un projet professionnel, à moins que vous ne comptiez monter votre propre entreprise, si c’est le cas vous aurez besoin de beaucoup plus de préparation car une création d’entreprise ne s’improvise pas), si ce n’est pas le cas regardez comment on y accède et concentrez vous sur la première « étape » professionnelle.

Ensuite destination internet, cherchez des informations sur le métier que vous avez choisi, soit sur les sites des organisations professionnelles (association des comptables de France, site de la FBF pour ceux intéressés par la banque…), sur les sites spécialisés dans l’emploi pour les jeunes (jobteaser…), pour se renseigner un peu sur ce en quoi consiste le métier choisi, à ce stade le but est de valider son choix, et d’en apprendre un peu plus sur les nuances du métier (ce que ce métier ne continent pas). Si vous le souhaitez vous pouvez vous rendre sur des fora où s’expriment des professionnels, attention tout de même car les informations fournies seront souvent de qualité variable.

Une fois que vous avez toute l’information vous pouvez en faire une bonne synthèse, voici les éléments que vous devrez toujours avoir en tête :

  • Ce en quoi consiste ce métier. Un comptable tient à jour la situation financière et patrimoniale d’une entreprise, un contrôleur de gestion surveille la rentabilité des opérations d’une entreprise, un commercial vend des produits bien précis sur un marché délimité à l’avance…
  • Ce qu’il ne fait pas, apprenez la différence entre un chef de marché et un chef de produit (marketing), et entre un auditeur interne et un auditeur externe, entre un comptable et un contrôleur de gestion. Cette partie est fondamentale parce que c’est généralement en posant des questions de ce genre que le jury fera la différence entre quelqu’un qui a passé trois minutes sur internet, et quelqu’un qui s’est renseigné en profondeur.
  • Les qualités nécessaires pour l’exercer (relationnel, goût des chiffres, etc.)
  • Pourquoi cela vous tente. Nous attirons votre attention sur le fait que l’argent ne doit en aucun cas être la clé de voûte de votre projet professionnel. Vous pouvez le penser, vous avez interdiction de le dire !


Vous êtes maintenant prêts pour la seconde étape !

Quand je serai en école, je créerai une nouvelle association !

Combien de fois ai-je entendu cette même rengaine « une fois que je serai en école, je créerai une association de xxx, si elle n’existe pas déjà ». Comme toujours, vous êtes très motivés avant d’intégrer, une fois l’intégration faite, les choses changent grandement et croyez nous, les jurys ne sont pas dupes.

Au-delà de cela, pourquoi ne pas mentionner votre envie de créer une association, aussi sincère que soit votre motivation à l’heure de l’entretien ? Imaginez que vous vous attabliez dans un grand restaurant. Un serveur vous tend un superbe menu et au bout de quelques minutes revient vers vous pour vous demander ce que vous souhaitez manger. Là, vous lui répondez que vous n’êtes pas satisfait par le menu et que vous exigez que le chef vous cuisine un nouveau plat uniquement pour vous. Cela vous paraît absurde de critiquer le menu d’un grand chef étoilé ? Il s’agit exactement de la même chose pour les associations d’une ESC, à ceci prêt que vous vous permettez de les critiquer avant même d’avoir mis un pied dans l’école…

Au-delà de cela, sachez qu’il est extrêmement rare que des étudiants réussissent à créer de nouvelles structures au sein des écoles pour des raisons de financement, de place, de motivation, d’absence d’accord de l’administration et parfois les quatre raisons à la fois.

Par ailleurs, il ne suffit pas d’avoir une idée pour créer une association, encore faut-il que votre projet ait un public potentiel, sauf à vouloir être un roitelet et dirige une impressionnante équipe… d’une personne. La mégalomanie devrait avoir ses propres limites, particulièrement lors d’un entretien de sélection.

Contentez-vous donc de parler de l’offre de l’école devant le jury. Il sera toujours temps pour vous d’envisager de développer tel ou tel projet une fois dans l’école.

Que dirait votre meilleur(e) ami (e) de vous ?

La dernière fois que j’ai eu l’occasion de poser cette question, la candidate m’a répondu le plus naturellement du monde « elle vous dirait que je suis une garce, parce que nous nous sommes fâchées ». Comprenez bien que cette question n’est qu’un prétexte pour mieux vous connaître et qu’il s’agit d’une manière déguisée de vous demander vos qualités et éventuellement vos défauts.

La malheureuse candidate ci-dessus se décrédibilise dès le début de sa réponse. Votre meilleur(e) ami(e) peut être imaginaire, ce qui nous intéresse, c’est de savoir ce que vos amis pensent de vous d’une manière générale.

Cependant, il existe une petite différence avec la question « donnez-nous votre principale qualité et votre principal défaut ». Votre meilleur ami(e) est censé(e) vous décrire tel que vous êtes dans la vie de tous les jours et donc tel que vous vous comporterez par exemple en milieu associatif. De facto, votre meilleur(e) ami(e) ne dirait pas spontanément de vous que vous êtes un(e) pro de PowerPoint et du marketing en B-to-B.

Cette question permet donc de faire ressortir vos qualités humaines et non vos qualités entrepreneuriales ou professionnelles. Le jour où le premier qualificatif d’un de vos amis est par exemple que vous êtes un pro du démarchage, interrogez-vous sur son sens des qualités humaines et plus encore de l’amitié…

La vie associative en ESC

En théorie, vous êtes tous motivés pour participer à la vie associative des écoles, surtout lorsque vous ressortez de deux ou de trois années de classe préparatoire. En pratique, votre méconnaissance du monde associatif tend à prouver votre désintérêt pour la chose.

Les associations en ESC sont des regroupements d’individus réunis autour d’intérêts communs, visant à animer la vie de l’école grâce à l’organisation d’événements divers et variés (soirées, Happy Hours, Open Bar, conférences, compétitions sportives, concours, etc.). Les associations sont en général regroupées par pôles et vous trouvez souvent presque autant d’associations que d’étudiants.

Chaque association à un nom officiel (e.g. BDE, JE…), ainsi qu’un nom de mandat, c’est-à-dire le nom que l’équipe dirigeante a choisi pour son mandat (Ex : les Manitou pour l’ancien BDE de l’ESSEC ou encore les Goal Busters pour l’actuel BDS de l’EM Lyon).

Selon les écoles et les associations, vous intégrerez ces groupes par cooptation (i.e. suite à un entretien) ou en « listant ». Le verbe « lister » appartient au jargon de l’école de commerce et signifie littéralement faire partie d’une liste d’étudiants concourant pour obtenir le mandat d’une association. La constitution des listes se fait avant la « campagne », autre terme des épiciers désignant la période au cours de laquelle les différentes listes vont s’affronter pour gagner de haute lutte le mandat du BDE, du BDA et parfois ceux de la JE et du BDS.

Vous ne pouvez concourir que pour une seule liste, mais rien ne vous empêche de présenter et d’être un membre actif de plusieurs associations, tout du moins aussi longtemps que vous disposez de temps libre. Sachez que « lister » signifie principalement organiser des événements sur un court laps de temps, mais également se faire gentiment bizuter par les précédents mandats. Pour les plus inquiets, cela relève plus du gobage de Flamby et de la récitation de chansons grivoises, que de la promenade nocturne par -2°C. L’appellation bizutage est restée, mais dans les faits cela reste très bon enfant !

Vous trouverez ci-dessous une présentation sommaire de quelques grandes associations :

·         BDE (Bureau des Étudiants) : principalement en charge d’animer la vie de l’école, d’organiser ses soirées et des HH (Happy Hours)

·         BDA (Bureau des Arts) : responsable de la vie artistique de l’école, il organise aussi bien des concerts, que des pièces de théâtre, que des sorties culturelles

·         BDS (Bureau des Sports) : s’occupe de l’organisation et de la gestion des compétitions sportives inter et intra écoles et des événements sportifs qui rythment l’année (ex : raid aventure,  marathon, etc.)

·         JE (Junior Entreprise) : fait de la prospection pour des entreprises qui la sollicite. Elle propose également des enquêtes qualité et des études sectorielles à des PME de la région

Qu’allez-vous apporter à l’école ?

Nous ne comptons plus le nombre de candidats qui s’étonnent que les écoles aient des attentes à leur égard. Vos beaux projets professionnels ne suffiront pas à impressionner les jurys, d’autant que vous pouvez tout à fait les inventer à la demande. Les jurys n’étant pas dupes, ils attendront de votre part que vous prouviez votre motivation et votre volonté de faire rayonner leur école.

Comment traduire concrètement ces faits ?

Au cours de ces années de préparation, une phrase revient souvent dans la bouche des candidats « bah,  contrairement à certains de mes camarades, je suis là pour travailler ». Vous pensez vous différencier en sortant une telle énormité, alors que les jurys n’auront qu’une envie :  vous répondre qu’il est encore heureux que vous veniez en école pour (entre autre) travailler.

Il ne suffit pas d’être présent en cours et d’être studieux pour apporter quelque chose de concret à l’école. En revanche, ils seront particulièrement sensibles au fait que vous mettiez à profit certaines de vos qualités sportives et/ou artistiques. Par exemple, si vous êtes un footballeur émérite, ils seront vraisemblablement heureux d’entendre que vous ferez tout pour rapporter la coupe du trophée inter-ESC à la maison.

Attention, il ne suffit pas de prétendre ramener la coupe pour être crédible. Encore faut-il être à même de prouver que vous êtes à l’origine de telles démarches par le passé et que vous comptez les réitérer une fois en école.

A tort, vous avez trop tendance à n’avoir qu’une vision « court-terme » de l’école. Or, rappelez-vous que le nom qui figurera sur votre CV sera votre première carte de visite une fois lâché dans la jungle du travail. Animer la vie de l’école passe bien évidemment par un engagement associatif fort dans l’une des multiples associations de l’école (Bureau des Étudiants, Bureau des Arts, Bureau des Sports, Ski Club, Club Finance, association de débats, Junior Entreprise, etc.). Ces associations sont des vitrines de votre école : il est de votre devoir de faire en sorte qu’elles soient aussi dynamiques et prospères que possible.

Enfin, d’une manière non exhaustive, vous pouvez participez à la vie de l’école après votre remise de diplôme en venant témoigner dans le cadre de forums, en venant rencontrer les étudiants, etc.

Bref, il existe une multitude de manières de « porter haut les couleurs de son école ». A vous de choisir les solutions qui vous conviennent le mieux, en n’oubliant pas que ce qui sert les intérêts de votre école aujourd’hui à toutes les chances de servir les vôtres demain !

Le monde merveilleux de l’entreprise

Lorsque vous demandez à des étudiants pourquoi ils souhaitent intégrer une école de commerce, l’une des raisons avancées est leur envie de travailler dans une grande entreprise. A les écouter, il n’y a pas chose plus merveilleuse sur Terre, les gens sont gentils, les conditions de travail idylliques et les rémunérations extraordinaires... Certes, il ne faut pas voir le mal partout, mais de là à dire que c'est le Paradis, il y a un pas que des centaines de candidats s'empressent de franchir à chaque fois.

 

Chacun a sa vision de l’entreprise et chacun est libre de voir midi à sa porte, mais en attendant il est important de ne pas se présenter devant un jury de professionnels avec une vision candide du monde en entreprise. Non, tout le monde n’est pas gentil, non, tout le monde de veut pas votre bien et non, tout le monde ne gagne pas plus de 100K€ par an.

 

Comme je l’ai déjà expliqué à plusieurs reprises, il est facile de se rendre ridicule et de perdre tout crédit, plutôt que d’en gagner tout au long de l’entretien. Afin de ne pas affirmer des monstruosités et afin de ne pas faire sourire le jury devant tant de crédulité, il est important d’avoir préalablement mis les pieds en entreprise. Si votre discours apparaît encore bisounoursesque, expliquez lui que votre vision est faussée par le fait que vous n’avez réalisé qu’un seul stage, qui s’est particulièrement bien passé. Mais par pitié, n’agissez pas comme si la très grande entreprise était le meilleur des mondes, sauf à avoir une âme de Pangloss et à ignorer les réalités économiques qui lui sont inhérentes.

 

Certains étudiants font des louanges quasi immodérées de l’open space, censé être un lieu de convivialité et d’épanouissement. Afin de tempérer vos propos, je vous propose la lecture du livre Alexandre des Isnards et Thomas Zuber : l’Open Space m’a tuer.

 

 

I can get no satisfaction

        De la masse grouillante et bigarrée des candidats ressort très nettement un type bien précis : le blasé. Il se tient droit comme un « i », vous regarde avec un air condescendant, vous méprise du fait de votre simple statut de jury. Il a une petite vingtaine d’années, a tout fait, a tout vu, pense tout savoir et trouve que rien sur cette basse terre ne mérite qu’il y porte son intérêt.

 

Il considère que toutes les questions, qui lui sont posées, ne sont pas sa à hauteur et plus simplement l’ennuient profondément. Ce candidat est parfait, que voulez-vous ? Il voudrait être admis d’office, comme « l’intégré de droit divin » qu’il se considère être.

 

Si vous ne faites pas preuve d’optimisme à l’aube de votre vie d’adulte, comment serez-vous d’ici quelques années, si ce n’est encore plus désabusé ? De manière générale, voyez le verre à moitié plein et débrouillez-vous pour le remplir jusqu’au bord. Dites-vous qu’en dehors d’un cabinet de consultation, où il est normal de se plaindre,  on ne se présente pas devant un inconnu en tirant une tête de six pieds de long et en se braquant à la moindre question.

 

L’entretien est un jeu de séduction, au cours duquel vous devez montrer le meilleur de vous-même. Si vous ne vous sentez pas capable de défendre une école parce qu’elle ne vous plaît pas, ne passez pas les oraux par respect pour l’établissement et le jury qui vous fera passer.

 

Si vous êtes d’une nature blasée ou peu communicative, il n’y a qu’une seule solution : vous faire violence et vous obliger à être souriant, avenant, intéressant et intéressé pendant les quelques minutes que dureront l’entretien. Autrement, n’espérez rien ou n’espérez plus !

 

Le serpent qui se mord la queue

Jury : Il nous semblait que vous aviez déjà travaillé à plusieurs reprises

Candidat : Euh… Oui ! En fait, je travaillais chez mon oncle

Jury : Pourtant, vous nous avez dit que vous étiez autonome depuis l’âge de 16 ans et que vous ne deviez rien aux autres

Candidat : Disons que c’est presque exact…

 

Cet échange vous paraît inimaginable et pourtant nombre de candidats finissent par se contredire au cours de l’entretien. Si le jury ne s’en rend pas compte, ce n’est pas très grave, mais en général il est à la recherche de ces petites incohérences dans votre discours, qui ne sont souvent rien de moins que l’arbre qui cache la forêt.

 

Au-delà des grosses incohérences qui  prouvent que vous n’avez pas préparé votre entretien, ou que vous ne vous êtes jamais donné la peine de vous poser les bonnes questions, elles peuvent être un bon indicateur d’une histoire montée de toutes pièces. Autrement dit,  la vérité viendrait de vous échapper.

 

Se contredire est une erreur stratégique (vous ne faîtes pas suffisamment attention à ce que vous racontez, votre vigilance s’est relâchée), mais cela peut arriver dans certaines situations ou le stress nous submerge. Cependant, se contredire alors que le jury a déjà de gros doutes sur la légitimité de votre discours, s’est s’exposer à une rafale de questions pour s’assurer que ce n’est qu’une petite erreur de votre part.

 

Jury : Quelle est votre plus grande qualité ?

Candidat : Je suis très généreux (NDR : une qualité à ne pas citer)

Jury : Si vous gagnez au Loto et que vous empochez une cagnotte de 10 millions d’euros, qu’en feriez-vous ?

Candidat : Avec la première moitié je ferais des placements dans de l’immobilier et avec la seconde je me ferais plaisir au quotidien.

Jury : C’est tout ?

Candidat : Vous savez, on ne fait pas grand-chose avec 10M d’euros !

Jury : Et vous n’aideriez pas les plus démunis ?

Candidat : Je voudrais bien, mais je ne peux pas porter toute la misère du monde sur mes épaules…

 

Visiblement, ce candidat a une vision très personnelle de la générosité. De la même manière qu’il y a des arrêts de correction dans des copies, lorsque l’erreur est énorme, ici il peut y avoir un arrêt de l’ « entretien de recrutement » et début de l’ « entretien d’élimination ». Cela se produit lorsque l’on est sûr que le candidat ne répond pas aux critères de recrutement. Il ne reste plus qu’à le pousser à la faute pour s’en débarrasser pour de bon.

 

Faire un lapsus ou se contredire n’est pas être grave en soi, à condition d’avoir conscience que l’on a commis une erreur, de l’avouer et de reprendre son argumentation point par point. En revanche, si vous avez menti et que vous êtes fait prendre à votre propre piège, vous ne pourrez vous en prendre qu’à vous-même ! Si le jury a mis le doigt sur une « petite bête », ne cherchez pas à mentir. Apres tout, vous avez également le droit de ne pas être parfaitement lisse, à condition de savoir le justifier.

 

Pourquoi vous plutôt que votre meilleur ami ?

          Il y a des questions comme « pourquoi vous plutôt que votre meilleur ami », qui assurent au jury des moments pour le moins folkloriques. De trop nombreux candidats tirent dans les pattes de leur meilleur(e) ami(e) et explique pourquoi ce dit meilleur ami ne vaut strictement rien et pourquoi ce serait une cruelle erreur de le/la prendre à leur place.

 

Comme cela a déjà été répété un certain nombre de fois, lors d’un entretien, il s’agit de ramener l’entretien à soi et d’expliquer en quoi on est le meilleur candidat. Ce qui signifie précisément de mettre en avant les qualités, qui font de nous le candidat idéal. En tirant à boulets rouges sur votre meilleur ami ou sur le candidat qui vient de passer avant vous, vous prouvez votre immaturité et votre mauvais esprit.

 

Cette question vous invite à mettre en avant vos qualités et plus encore les éléments que vous seriez capable d’apporter à une école, comme votre maîtrise d’une langue étrangère, une maîtrise poussée de langages informatiques, un don dans le dessin ou la musique qui vous permettrait de contribuer activement à la vie associative de l’école...

 

Rappelez-vous que lors d’un entretien, vous devez vous présenter sous votre meilleur jour. Critiquer ouvertement une personne, que vous prétendez estimer par-dessus tout, reviendrait à prouver que vous n’avez pas d’éthique et que vous seriez prêt(e) à vous désolidariser d’un groupe à la moindre déconvenue.

 

Il peut également arriver que des candidats défendent coûte que coûte leur meilleur ami. C’est un comportement louable et le jury saura l’apprécier, mais en attendant vous êtes devant un jury pour défendre votre candidature et pas celle de quelqu’un d’autre.

 

A bon entendeur…